‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 202 sur 249 · LA CHUTE DES FEUILLES · texte numérisé non relu

LA CHUTE DES FEUILLES

Les feuilles tombent, les brouillards s’élèvent, et déjà les arbres s’inclinant sur la campagne flétrie, se préparent au sommeil de l’hiver. Avant que les flocons de neige couvrent la terre, entretiens-moi encore une fois en silence, ô nature bien-aimée *1

I . Lorsque je voyais avec vous sc rougir lu jour, luire la nui'., ?. Apparentée.

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Souvent tu t’es attristée avec moi, souvent aussi tu as pu voir la volupté qui remplissait mon [âme. Ta tendresse maternelle nous sourit et nous parle : ici dans le bocage au doux murmure, là dans les couleurs qui associent leurs nuances ; elle se manifeste dans les rayons du soleil et dans la lumière voilée du crépuscule.

Sur les collines dépouillées où mugit le vent du Nord et dans les ondes où se mirent les fleurs, tu es le reflet et l’écho de nos penchants les plus secrets. Dans tes images et tes accents, nous trouvons l’espérance, l’amour, la joie et la douleur, les plaintes et les chants qui consolent.

La joie, quand ornées d'une brillanleceinture, de l’éclat do Mai, rayonnant de jeunesse, les montagnes retentissent des cris d'allégresse des bergers ; l’amour, lorsque les pampres s’entrelacent, que les roses se caressent, que les ruisseaux mêlent leurs ondes et que, parée de la courone nuptiale, la prairie nous sourit.

La tristesse, lorsqu’au tumulte de la journée succède le silence, que les nuages du soir se tiennent immobiles dans le ciel gris, que les bosquets s’obscurcissent, et que le vent, qui n’agite plus que la cimo des peupliers, nous remplit d’un secret effroi.

L’espérance brille dans l’étoile qui, après do noirs orages, sort des nuages sombres et nous sourit doucement. Aux rayons dorés do l’aurore, chaque bocage, chaque arbuste accompagne do son doux murmure les naïfs accents de la flûte champêtre.

Souvent une soirée d’été rclraco aux cœurs ingénus des jeunes filles la joyeuse image de leurs jeux enfantins, lorsque de petits nuages d’argent se groupent dans l’azur d’un ciel serein qui ressemble à une prairie couverte do moutons.

Mais ta douce sympathie, ù nature ! s’enfuit des valons profanés : la source solitaire murmure sans amour, les ru-

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