‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 241 sur 249 · Engourdie, transie · texte numérisé non relu

Engourdie, transie

foule autour de nous du sein de la nuit, innombrables comme les étoiles.

Pylade. La tâche dont notre âme poursuit l’accomplissement est infinie; nous voudrions que toutes nos actions fussent, dès leur naissance, à la hauteur de celles qui nous sont transmises exagérées par la voix des poëtes après avoir grandi en traversant les siècles, les pays et les générations. Ils sonnent si bien les hauts faits de nos pères, lorsque, dans les ombres du soir, ils pénètrent, mêlés au son de la harpe, dans l’oreille avide du jeune homme 1 1 Et cependant, comme les leurs, nos actions ne sont qu’un vain travail aussi pénible qu’imparfait. C’est ainsi que nous courons après ce qui fuit devant nous, sans tenir compte du chemin que nous parcourons, et nous voyons à peine près de nous les pas de nos aïeux et les traces qu'ils ont laissées en traversant cette vie terrestre. Nous poursuivons sans cesse leur ombre qui, semblable à une divinité assise sur des nuages d’or, couronne dans le lointain le sommet des montagnes. Je ne fais aucun cas de l’homme qui a de lui-méme une opinion aussi élevée que pourrait peut-être en concevoir le peuple. Cependant, ô jeune homme I remercie les dieux de ce que, si jeune encore, ils ont opéré tant de choses par ton bras.

Goethe.

(Iphigénie en Tau ride.)

Page 1