ASPECT DE LA GRÈCE
La triple Grèce dont nous parlons est une côte entourée par la mer et découpée par des golfes, ou plutôt, un amas dTles; Grâce à sa position, elle put recevoir de très-bonne heure, non-seulement des habitants, mais des germes de civilisation ; aussi, cette situation particulière et le caractère du peuple qui, par des entreprises et des révolutions précoces, se mit en harmonie avec le sol qu’il habitait, amenèrent-ils à l’intérieur une circulation des idées, et à l’extérieur, une activité énergique refusées par la nature aux nations du grand continent. Enfin, l’époque où apparut la culture grecque, le degré de civilisation, non-seulement des peuples circon voisins, mais de l’humanité entière, tout cela contribua à faire des Grecs un peuple privilégié qui n’est plus et ne sera plus jamais *. Étudions de plus près ce beau problème historique ; ses données, que nous devons surtout aux travaux des érudits allemands, sont là devant nous, amenées presque jusqu’à la solution.
Un peuple restreint qui, loin du rivage de la mer et du commerce des autres nations, habite dans les montagnes, un peuple qui n’ayant reçu ses lumières que d’un seul lieu , les immobilise aussitôt par des lois d’airain; une pareille nation, dis-je, peut avoir un caractère très-original et le conserver longtemps; mais il s’en faut de beaucoup que cet idiotisme* étroit lui donne cette culture complexe et utile qui ne peut être atteinte que par une concurrence active avec les autres nations. L’Égypte et toutes les contrées de l’Asie nous en offrent des exemples. Si la force qui a façonné notre globe
1 A faire des Grecs le peuple qu’ils étaient autrefois, qu’ils ne
sont plus maintenant, et qu’ils ne seront plus jamais.