‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 33 sur 249 · RÉVEIL DU PRINTEMPS · texte numérisé non relu

RÉVEIL DU PRINTEMPS

Ne cesse pas de murmurer, petit ruisseau! le doux bruit de tes ondes berce et endort l’orage de mon cœur. O vous qui me conviez à de douces images, contrées solitaires, recevez-moi sous vos ombrages! Aimable printemps, viens, inonde-moi de ta volupté ! Laisse-les couler ces larmes de joie pure que ta beauté, toujours nouvelle, arrache à mes yeux tous les ans, et que, libre enfin de la contrainte et du dégoût, mon esprit s’envole doucement sur les ailes légères do mes pensées, et dans un délicieux transport, s’élève jusqu’à des mondes mieux faits pour mon cœur que celui-ci!

Jeune plante qu’éveille maintenant le tiède zéphyr 1 , élève ta tête sur ce tendre gazon 1 Regarde 1 déjà de nombreuses compagnes t’entourent, développent leurs feuilles délicates, et se parent pour la fête diaprée de Flore. Petits boutons, ouvrez vos calices, et que des flots de parfums versent dans mon âme malade un baume réparateur! Déjà vous vous dépouillez doucement de vos voiles, et un souffle d’une fraîcheur embaumée s’élève vers le soleil devenu plus chaud.

Et bientôt, quel luxe dé verdure sur ces hêtres ! Alors, le rossignol chantant dans leur feuillage, épanchera en mélodies passionnées, l’ivresse qu’il renferma si longtemps dans son sein.

Jeunes plantes, frêles créatures qn’un souffle flétrit, qui vous a rappelées à l’existence? Qui a de nouveau revêtu votre tige rameuse de tant de magnificence! — Heureuses fleurs!' vous croissez sans inquiétude en attendant une nouvelle vie, et moi, les voiles de l’hiver m’enveloppent encore. Ah! quand viendra aussi mon printemps.

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