‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 5 sur 249 · LE CHEMIN DU CIEL · texte numérisé non relu

LE CHEMIN DU CIEL

Dans ce sentier étroit et raboteux, qui conduit h la porte de la vie, les citoyens de la terre cheminent d’une manière étrange.

Quelques-uns, revêtus d’habits blancs et sans taches, mesurent et comptent les pas : tout à coup un vertige les saisit ; ils se heurtent aux plus petites pierres, tombent et souillent leurs tuniques resplendissantes.

D’autres semblent poussés à coups de fouet ; ils franchissent les rochers et les gouffres, et n’ont pas le temps d’avoir le vertige; ils ne s’inquiètent pas de leur habit, et fournissent rapidement leur carrière sans qu’on s’en aperçoive.

Quelques-uns, doués d’une vue perçante, regardent en avant, autour d’eux, en arrière ; ils s’arrêtent et ne vont pas plus loin ; tandis que d’autres, au contraire, qui semblent avoir en tête d’autres idées et même aller à reculons, gagnent sans cesse du chemin.

Ceux-ci courent, se hâtent, suent, halètent et tombent évanouis ; ceux-là paraissent oisifs et tranquilles, et avancent toujours.

Quelques-uns s'épuisent à tel point par les jeûnes et les macérations, que la force les abandonne quand ils veulent se mettre en route, d’autres jouissent des dons de la nature, et font du ciel le but de leurs efforts.

Bref, les préceptes et les règles de l’humaine sagesse sont de peu de secours dans ce pèlerinage; tout dépend de la bonté

suprême du Créateur et de la simplicité parfaite 1 de la créature.

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