Moindre que les ailes des sens, etc
a. Nous sommes obligés de créer ce mot corrélatif d'intensité, pour rendre sans périphrase la terminologie philosophique de Jean-Paul.
être énergique*, mais prolongé. Comme nous ne pouvons percevoir directement d’autre force que la nôtre, et que la voix est, pour ainsi dire, l’expression de la vie, il devient plus facile à comprendre pourquoi le sublime de la force se révèle précisément à l’oreille. A cet égard, on ne peut exclure complètement la rapide comparaison que nous faisons des sons produits par nous avec les sons étrangers. Le silence lui-même peut être sublime. Par exemple, le silence de l’oiseau de proie planant dans les airs avant une grande tempête, ou le silence qui sépare l’éclair du tonnerre.
Le sublime optique n’est pas fondé sur l’intensité, car, ce qui aveugle n’a rien de sublime, et la nuit et le soleil n’auraient pas non plus ce caractère sans le ciel et les objets environnants; mais il est basé sur l’extensité d’une couleur uniforme. Une plaine cultivée, qui s’étend à perte de vue, le cède à la mer tranquille et glauque, quoique la première ait plus d’intensité optique, offre à l’œil plus de lumière, et que l’une et l’autre ne soient bornées que par l’horizon*. C’est ainsi que de grandes taches colorées enlèvent à un obélisque la moitié de sa hauteur, ce qui n'arrivera pas si ces taches sont trop rapprochées et trop petites, parce qu’alors elles se confondent pour l’œil frappé d’uno sorte de vertige. Mais pourquoi cela arrive-t-il ainsi, puisque des couleurs différentes devraient, au contraire, le rendre plus lumineux, et lui donner dès lors, malgré l’éloignement, des proportions plus considérables ? C’est parce que chaque nouvelle couleur commence un objet nouveau, le lointain et la nuit exceptés, où toutes les couleurs se confondent. Si, au contraire, les ténèbres sont parsemées de lampions, comme la coupole de Saint-Pierre, l'horizon s’agrandit, parce que pendant la nuit ces lumières continuent le môme objet et ne