Cesse au nuage
le commencent pas. C’èst par cette raison quo les étoiles acquièrent pur le ciel le sublime optique, et non celui-ci par celles-là. — La dernière question qui se présente est celle-ci : Pourquoi une vaste étendue d’une même couleur est-elle une image de l’infini?
Je réponds : par la limite, c’est-à-dire par deux couleurs. C’est le limité qui est sublime, et non ce qui limite. L’œil répète jusqu’au vertige la même couleur, et cet éternel retour du même devient l’image de l’infini. Ce n’est ni lé milieu ni le sommet de la pyramide qui sont sublimes, mais la sphère du regard. Mais pour avoir la notion du même , il faut avoir aussi celle du différent; sans cela il n’y aurait ni but ni distance, et par conséquent pas de grandeur. G’est pour cela que la nuit, qui n’est pas sublime pour l’œil fermé, l'est pour l’œil ouvert, parce que, dans ce dernier cas, c’est d’un lieu éclairé ou do moi-même que je prends le point de départ d’une étendue infinie.
Je ne m'arrête pas 3ux cas particuliers, car les problèmes et les solutions se multiplieraient à l’infini. Par exemple, il y aurait à examiner le cas où des genres différents de sublime se présentent réunis, comme l’éclair et le tonnerre, la cascade dont la grandeur est à la fois mathématique et dynamique, la mer en furie. Un autre sujet de longues recherches, ce serait de savoir le rapport existant entre l’art et cet infini appliqué de la nature, vu que, dans l’un et l’autre, l'imagination et la raison se prêtent un mutuel secours, etc.; il y aurait aussi beaucoup d’objections à faire contre celte thèse de Kant, que j le sublime ost toujours accompagné de douleur. » On pourrait dire notamment que d’après lui, le sublime le plus élevé, c’est-à-dire Dieu, devrait causer la douleur la plus grande. Contre cette proposition de Kant, que tout est polit à côté du sublime, il y aurait aussi à objecter qu’il y a des degrés dans le sublime, non en tant qu’infini, mais comme application de l’infini ; car, par exemple, une nuit étoilée, régnant sur une mer paisible, ne donne pas à
l’âme d'aussi puissantes ailes qu’un ciel orageux avec une mer agitée par la tempête, et Dieu est plus sublime, qu’une montagne. j. p. Richter.