A une voix meilleure
changeantes, elle est susceptible de culture et de corruption, on peut la pousser ou l’arrêter dans la voie du progrès; mais, cependant, on retrouve toujours les mêmes facultés et les mêmes forces, l’exercice des mêmes tendances et des mêmes passions. Partout nous voyons le bien public en lutte avec les intérêts particuliers, qui contribuent cependant à sa réalisation; partout, au milieu du mélange le plus divers des événements partiels, nous assistons à la marche générale de l’espèce. — En conséquence, celui qui ne connaît pas l’histoire n’est sur la terre qu’un voyageur étranger à son espèce et à lui-même ; il ne se met pas en. peine des intérêts pour lesquels l’humanité a lutté et combattu depuis son origine, et, quels que soient d’ailleurs ses talents, il ne peut participer à sa vie générale que d’une manière passive et mécanique, comme la roue qui ne sait absolument rien de l’engrenage dont elle fait partie.
Si c’est uniquement dans l’histoire que l’on peut connaître la vie humaine dans sa vérité, on peut dire aussi qu’elle ne subsiste en grande partie que dans l’histoire. Sans elle, chaque génération fournirait isolément sa carrière, et repasserait sans cesse dans la route déjà frayée. L’histoire enchaîne toutes les générations les unes aux autres, c’est la conscience ininterrompue de l’humanité et des peuples ; l’expérience do tous les siècles, la tradition avec tous ses trésors lui appartiennent. Elle transmet à la postérité la plus reculée les connaissances, les idées, les découvertes de tous les temps et de tous les peuples, et ce que les sages pensaient et enseignaient dès la plus haute antiquité ’. Alors les hommes nouveaux peuvent commencer où leurs ancêtres se sont arrêtés, et le progrès indéfini vers la perfection devient possible.
Même en dehors de ce point de vue élevé, de cette manière générale de l'envisager, l’histoire est la mère de connaissances fructueuses. Ce n’est point à tort qu’on lui attribue la plus
Dans l’avanl-mondc-gris.
grande moitié des connaissances humaines. En effet, la sphère des sciencés historiques proprement dites est immense, et la plupart des doctrines philosophiques lui empruntent leurs matériaux, leurs données, des exemples, des éclaircissements et des démonstrations lumineuses.
Rotteck.