‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 83 sur 249 · WINKELMANN A STOSCH · texte numérisé non relu

WINKELMANN A STOSCH

Naples, le 80 octobre <764.

Mon noble ami,

Il y a déjà plus d’un mois que je suis à Naples, et, comme toutes mes lettres m’attendent à Rome, je ne voulais écrire qu’après mon retour ; mais ce long séjour qui vraisemblablement se prolongera encore deux semaines, m’engage enfin à prendre la plume. Si mon voyage a été différé, la cause eu est dans la fureur du Vésuve que vont visiter * les connaissances qui m’accompagnent dans mes excursions hors de Naples ; enfin, le musée d’Herculanum, but principal de mon voyage ! , est fermé par la même raison.

Tous les journaux vous parleront de la terrible éruption qui commença lundidernier après minuit; je me contente de vous dire qu’on ne se rappelle pas en avoir vu une pareilie dans ce siècle. Je me trouvais à Caserte, où j’étais allé le lundi matin avec l’architecte du roi, Vanvitelli. Tout craqua dans notre maison quand l’éruption commença, et la campagne entière fut couverte d’une cendre semblable à de la recoupe de pierre et à du pulverin noir. Le mercredi matin, je retournai à Naples, et en cela je fus bien heureux ; car milady Oxfort , qui s’était enfuie de Portici et avait l’intention de pousser jusqu’à Gaëte, où elle pensait m’amener avec elle dès. qu’elle eut appris que je m’étais dirigé vers Caserte, milady

<. La prolongation de mon séjour.

2 . Vont là. — La phrase est amphibologique dans le texte, toriÿiu peut se rapporter à Naples comme ait Vésuve.

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