Le faisant habile
6. Entre ce dont on a conscience et ce dont on n’a pas conscience.
PROSE: LETTRES
cice, l’instruction, la réflexion, le succès, l’insuccès, l’excitation, la résistance et encore et toujours la réflexion, les organes de l’homme mêlent, sans avoir conscience, dans une libre activité, ce qui a été acquis avec ce qui est inné, et de là résulte une unité qui provoque l’étonnement. Que ces généralités servent de réponse rapide à votre question et d’éclaircissement au billet qui m’est revenu.
Il y a plus de soixante ans que la conception claire et complète du Faust se révéla à ma jeune intelligence, sans doute avec bien moins de netteté dans la contexture des détails. Laissant ce plan se développer tranquillement, j’ai travaillé isolément les parties qui me semblaient les plus intéressantes, de telle sorte qu’il existe dans la seconde partie des lacunes qu’il faudra combler et lier au reste en donnant à ce travail un égal intérêt '. Ici, sans doute, la grande difficulté qui se présentait, c’était de réaliser volontairement et par la réflexion s ce qui n’appartient proprement qu’à l’activité spontanée de la nature. Mais il eût été bien malheureux qu’après une longue vie consacrée à la réflexion s , cela n’eût pas été possible, et je n’ai pas la moindre crainte que l’on puisse distinguer l’ancien du nouveau En cela, du reste, je prends pour juge la perspicacité “ des lecteurs futurs.
Communiquez-moi aussi quelque chose de vos travaux. Riemer est, comme vous le savez, enchaîné par les mêmes études ou des études semblables, et nos entretiens du soir nous amènent souvent sur les limites de cette matière. Pardon pour ce billet retardé. Malgré ma solitude °, je trouve rarement une heure pour me rendre présents ces mystères de la vie.
Goethe.