‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 93 sur 249 · Nous lisons jeue gauj ïflrijgifcfie, et non jene gcuijr · texte numérisé non relu

Nous lisons jeue gauj ïflrijgifcfie, et non jene gcuijr

dant il faut qu’il regarde devant lui avec une scrupuleuse attention.

Épiméthée. Et pourtant, on regarde si volontiers en arrière pour voir le chemin qu’on a fait et comment on l’a fait.

Prométhée. Si c’est pour se reposer et prendre des forces, à la bonne heure! mais si cet indolent retour ‘ sur le passé affaiblit le regard de la prévoyance, si vous berçant de doux songes ou vous inspirant une terreur panique, il vous empêche de faire un pas en avant ou même vous fait rétrograder *, alors la mémoire est funeste, extrêmement funeste.

Épiméthée. Je croyais qu’une sage prévoyance ne pouvait naître que d’un scrupuleux retour sur le passé, et que, par les nombreuses circonstances dans lesquelles on s’était trouvé placé, on apprenait de quelle manièro on devait se conduire dans les circonstances à venir.

Prométhée. Mais, Épiméthée, chaque circonstance qui s’offre à l’homme est nouvelle pour lui ; elle demando un coup d’œil nouveau, une prévoyance nouvelle. Loin d’acquérir par l’analyse du passé, l’abstraction, ce regard pénétrant, tu ne pourras au contraire que l’affaiblir, et en définitive le perdre. La lumière que j’ai donnée aux mortels est divine et no vient pas de la terre. Celui qui ne veut apprendre que des autres ne les comprendra peint ; il ne s’instruira pas lui-mêmfe et n’instruira pas les autres.

Épiméthée. Je no te comprends pas, en effet ; c’est seulement des autres que j’apprends.

Prométhée. Aussi, le plus souvent, apprends-tu trop tard; tu apprends mal et jamais à fond ; tu deviens sage à tes dépens, c’est-à-dire jamais complètement sage ; encore moins, sage par toi-même.

Épiméthée. Enfin, n’est-ce point par moi quô l’espérance consolatrice est venue sur la terre ?

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