‹ Morceaux choisisChapitre 13 sur 164 · l'olympe · texte numérisé non relu

l'olympe

Vénus l monte vers l'éclatant Olympe 2, où les dieux étaient assemblés auprès du trône de Jupiter3. De ce lieu ils aperçoivent les astres qui roulent sous leurs pieds; ils voient le globe de la terre comme un petit amas de boue4; les mers immenses ne leur paraissent que comme des gouttes d'eau dont ce morceau de boue est un peu détrempé : les plus grands royaumes ne sont à leurs veux qu'un peu de sable qui couvre la surface de cette boue ; les peuples innombrables et les plus puissantes armées ne sont que comme des fourmis qui se disputent les unes aux autres un brin d'herbe sur ce morceau ue boue. Les immortels5

1 Vénus, déesde oe \a oea'Jie, naquit, selon les uns de Jupiter et de Dione, seion les autres de l'écume de la mer, ce qui la fit appeler ass'oVt/: [dp/sôs, écume).

2 L'Olympe, montagne celeDre qui sépare la Tliessalie de Macédoine. Les anciens eu faisaient le séjour des dieu*

3 Jupiter, le père et le maître des dieux et des hommes, dans la religion des Crées et des Romains, était fils de Sa lurne et de Rhée.

Comme un petit amas de boue. Comparaison trés-sim pie, presque tri\iale, tant elle est vraie, et dont tous lei traits peignent parfaitement la faiblesse misérable de l'uni vers en comparaison de la Divinité.

5 Les immortels ..C'est parce qu'ils sont immortels, qu'ils

rient de* affaires les plus sérieuses qui agitent les faibles mortels, et elles leur paraissent des jeux d'enfants. Ce que les hommes appellent grandeur, gloire, puissance, profonde politique, ne paraît à ces suprêmes divinités que misère et faiblesse. C'est dans cette demeure si élevée au-dessus de la terre, que Jupiter a posé son trône immobile. Ses yeux percent jusque dans l'abîme, et éclairent jusque dans les derniers replis des cœurs: ses regards doux et sereins répandent le calme et la joie dans tout l'univers; au contraire, quand il secoue sa chevelure l, il ébranle le ciel et la terre. Les dieux même 2, éblouis des rayons de gloire qui l'environnent, ne s'en approchent qu'avec tremblement. (Téléniaque*, 1. ix.)

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