Malades de l'avarice, etc. Latinisme
Quique at> av;.ritiâ au! misera nmbitione laborat-
Uobace, tiv. i, sat. jt, v. 26, éd de M. A. De Wailly.
ses, seront-ils propres à en détacher autrui? Je sais qu'on ne doit pas laisser un orateur vertueux et désintéressé manquer des choses nécessaires : aussi cela n'arrivera-t-il jamais, s'il est vrai philosophe, c'est-à-dire tel qu'il doit être pour redresser les mœurs des hommes. Il mènera une vie simple, modeste, frugale, laborieuse; il lui faudra peu : ce peu ne lui manquera point, dûtil de ses propres mains le gagner; le surplus ne doit pas être sa récompense, et n'est pas digne de l'être. Le public lui pourra rendre des honneurs, et lui donner de l'autorité; mais s'il est dégagé des passions et désintéressé, il n'usera de cette autorité que pour le bien punlic, prêt à la perdre toutes les fois qu'il ne pourra la conserver qu'en dissimulant, et en flattant les hommes. Ainsi l'orateur, pour être digne de persuader les peuples, doit être un homme incorruptible; sans cela, son talent et son art se tourneraient en poison mortel contre la république même : de là vient que, selon Cicéron l, la première et la plus essentielle des qualités d'un orateur est la vertu. Il faut une probité qui soit à l'épreuve de tout et qui puisse servir de modèle à tous les citoyens; sans cela on ne peut paraître persuadé, ni par conséquent persuader les autres. L'éloquence et la profession de l'orateur sont consacrées à l'instruction et à la réformation des mœurs du peuple. Pour le faire avec liberté et avec fruit, il faut qu'un homme soit désintéressé ; il faut qu'il apprenne aux autres le mépris de la mort, des richesses, des délices;
1 Selon Cicéron. Il définit l'orateur: « Vir bonus, aicendi perituB. »
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il faut qu'il inspire la modestie, ia frugalité, le desintéressement, le zèle du bien public, l'atlaehement inviolable aux lois; il faut que tout cela paraisse autant dans ses mœurs que dans ses discours. Un homme qui songe à plaire pour sa fortune, et qui par conséquent a besoin de ménager tout le monde, peut-il prendre cette autorité sur les esprits? Quand même il dirait tout ce qu'il faut dire, croirait-on ce que dirait un homme qui ne paraîtrait pas lecroire lui-même? (Dialogues sur l'Eloquence).