‹ Morceaux choisisChapitre 77 sur 164 · UNITÉ DE DIEU · texte numérisé non relu

UNITÉ DE DIEU

Quelle folie d'adorer plusieurs dieux ! Pourquoi en croirais-je plus d'un? L'idée de la souve-

1 A votre face. A votre vue, se fondent comme la cire, locution et comparaison empruntées au langage de l'Écriture.

2 Déjà heureuse. Et ce qui suit. « Mais pleinement heureuse, etc.,» explique la signification de cet adverbe, déjà. C'est le premier degré du bonheur.

3 Et qui a soif de vous. Cette figure rend plus fortement l'idée exprimée déjà par tous cherche, soupire.

4 Mes os tressaillent et s'écrient. Expression très-hardie, qui peint combien est intime et profond le sep'unent qui anime l'homme.

5 Mon éternelle portion. Partage est plus usité en ce seas, c'est-à-dire qui fait à jamais partie de moi-même. — Toute la fin de cette prière est empreinte du ravissement mystérieux on l'âme est emportée par l'amour et la contemplation de Dieu.

rame perfection ne souffre que runité ! . 0 vou?5 être infini qui vous montrez à moi, vous êtes l'être par excellence, et il ne faut plus rien chercher après vous *.Vons remplissez toutes choses, et il ne reste plus de place ni dans l'univers, ni dans mon esprit même, pour une autre perfection égale à la vôtre. Vous épuisez toute ma pensée. Tout ce qui n'est pas vous est infiniment moins que vous. Tout ce qui n'est pas vous-même n'est qu'une ombre de l'être, un être à demi tiré du néant , un rien dont il vous plait de faire quelque chose.

0 être seul digne de ce nom! qui est semblable à vous ? Où sont donc ces vains fantômes de divinité que l'on a osé comparer à vous? Vous êtes, et tout le reste n'est point devant vous 3. Vous êtes, et tout le reste, qui n'est que par vous, est comme s'il n'était pas. C'est vous qui avez fait ma pensée : c'est vous seul qu'elle cherche et qu'elle admire. Si je suis quelque chose, ce quelque chose sort de vos mains. Il n'était point , et par vous il a commencé à être. Il sort de vous, et il veut retourner à vous. Recevez donc ce que vous avez fait; reconnaissez votre ouvrage. Périssent tous les faux dieux , qui sont les vaines images de votre grandeur ! Périsse tout être qui veut être pour soi-même *, ou qui veut que quelque autre chose

1 Ne souffre que l'unité. Il ne peut y avoir deuv êtres souverainement parfaits, puisque, du moment que cette perfection serait partagée, elle ne serait plus souveraine et infinie.

2 Après vous. Au-delà de vous, après vous avoir trouvé.

3 N'est point devant vous. N'existe point, en comparaison de vous.

* Qui veut être pour soi-même. Au lieu d'être pour celui qui a tout fait pour lui-même.

DE FÉNELON. 3il

soit pour lui! Périsse, périsse tout ce qui n est point à celui qui a tout fait pour lui-même ! Périsse toute volonté monstrueuse et égarée qui n'aime point Tunique bien pour l'amour duquel tout ce qui est a reçu l'être1 ! (Traité de l'existence de Dieu.)

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