‹ Morceaux choisisChapitre 8 sur 164 · NOTICE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

NOTICE BIOGRAPHIQUE

François de Saliijnac de La Motte Fenelon naquit le 6 août 1651, au château de Fénelon en Querci (Peugord), d'une famille également distinguée par son mérite et par l'antiquité de sa noblesse.

Il avait l'ait, sous les yeux de son père, des études fortes et brillantes, quoique rapides. Entraîné dès sa première jeunesse par une vocation naturelle vers l'état ecclésiasiique, il vint étudier la théologie à Paris, au séminaire de Saint-Sulpice, où il reçut les ordres sacrés, et où il contracta des amitiés précieuses. Avant d'y entrer, c il avait, dit un illustre biographe, soutenu la même épreuve que Bossuet, en prêchant avec éclat à un âge où l'on est à peine un auditeur sérieux des prédications d'autrui l. »

Sa ferveur de néophyte le tourna vers les missiuns du Nouveau-Monde, mais la faiblesse de son tempérament et les craintes de sa famille l'en éloignèrent. Plus tard, il voulut se consacrer aux missions de l'Orient, où son âme pieuse et son esprit nourri de l'antiquité savante trouvaient un double attrait dans l'intérêt de la religion et dans les souvenirs de la Grèce profane*. Également

1 D'autrui. Ils avaient tous deux quinze an».

* De la Grèce profane. Voici comment il exprime ses espérances et son enthousiasme à l'idée de cette mission, dans une lettre écrite en 1G76 : M. le cardinal de Deausset, son historien, la croit adressée à Bossuet, mais uae note ajoutée sur l'original, par une main étrangère, donne lien de penser qu'elle fut écrite au duc de Beauvilliers. (Yoy. l'édiu des Sulpiciens.) — a La Grèce entière s'ouvre à moi ; le sultan effrayé recule ; déjà le Péloponnèse respire en liberté, et l'Église de Corinthe va refleurir : la voix de l'apôtre s'y fera encore entendre. Je me sens transporté dans ces beaux

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traversé dans s?s désirs par les obstacles qui l'avaient

arrêté une première fois, il se chargea pendant dix ans de Tinstrucvoi» des nouvelles catholiques. Nous devons le traité de l'Education des Filles à ce long et modeste apostolat (1687). Fénelon cultivait déjà l'amitié toujours fidèle des ducs de Chevreuse et de Beauvilliers, et celle de Boss let, qui devait se démentir plus tard d'une manière si cruelle et si funeste. Ce grand homme le désigna au choix du roi Louis XIV pour diriger une mission dans le Poitou. Il s'agissait de pacifier cette province agitée par

lieux et parmi ces ruines précieuses, pour y recueillir, avec les plus curieux monuments, l'esprit même de l'antiquité. Je cherche cet aréopage où saint Paul annonça aux sages du monde le Dieu inconnu. Mais le profane vient après le sacré, et je ne dédaigne pas de descendre au Pirée, où Socrate fait le plan de sa république. Je monte au double sommet du Parnasse : je cueille les laurier? de Delphes, et je goiJte les délices de Tempe. Quand est-c? que le sang des Turcs se mêlera avec celui des Perses sur tes plaines de Marathon, pour laisser la Grèce entière à la religion, à la philosophie et aux beaux- arts, qui la regardent comme leur patrie?

Arva, beata

l'etamus arva, divites et insulas.

Horace, Epode xvi,v. 41.

Je ne t'oublierai pas, ô île consacrée par les célestes visions du disciple bien-aimé ! ô heureuse Palmos, j'irai baiser sur ta terre les pas de l'apôtre, et je croirai voir les cieux ouverts'.Là je me sentirai saisi d'indignation contre le faux prophète qui a voulu développer les oracles du véritable, et je bénirai le Tout-Puissanï, qui, bien loin de précipiter l'Eglise comme Babylone, enchaîne le dragon, et la rend victorieuse. Je vois déjà le schisme qui tombe, TOrient et l'Occident qui se réunissent, l'Asie qui soupire jusqu'aux bords de l'Euphrale, et qui voit renaître le jour après une si longue nuit; la terre sanctifiée par les pas du Sauveur et arrosée de son sang, délivrée de ses profanateurs et revêtue d'une nouvelle gloire; enfin les enfants d'Abiahatf ^pars sur la surface de toute la terre, tl plus nombreux que le» étoiles du firmament, qui, rassemblés des quatre vents, viendront en foule reconnaître le Christ qu'ils ent percé, etmtf' Ver à la fin des temps une résurrection. »

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