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LA PHILOSOPHIE IMPUISSANTE A TROUVE? LE VRAI DIEU

On ne peut trouver aucune trace d'unanimité ni dans les philosophies, ni dans les religions des Gentils4. Donc il est clair que Dieu ne lésa point inspirées pour leur donner ni son idée véritable, ni le culte digne de lui. 11 ne faut pas même s'i-

i Ce langage forci. Dont or force , dont on détourne le ens véritable pour lui en donaer un peu naturel.

2 Dans les religions des gentils. « Chaque pays , chaque ville, chaque bomme avait sa religion » Fénelon. — Les gentils, gentiles, Ethnici [du grec ëlhoç). Fénelon les prend ici, comme on le fait souvent, pour synonyme des païens. Il y a cependant une distinction à faire : les païens . sont des idolâtres, les adorateurs de Jupiter, de F<*>, de Brahma. Les gentils, sont ceux qui, dans une religion fausse, or.', cependant une idée confuse de la divinité, tels sont: Socrate, Confucius. Mahomet.

maginer qu'on puisse trouver cette unanimité dans un petit nombre d'hommes obscurs et inconnus les uns aux autres, qui ont pu, en divers oays et en divers temps, connaître l'être infini et "aimer intérieurement d'un amour dominant. Ces vrais adorateurs devaient au vrai Dieu un culte extérieur. Il ne suffisait pas de le croire et de l'aimer; il fallait le confesser 1 débouche, l'enseigner aux autres hommes, faits aussi bien qu'eux pour le connaître et pour l'aimer; il fallait rejeter les idoles 2, la multitude des dieux, et tout culte contraire à l'idée du Créateur. L'ont-ils fait? S'ils l'avaient fait, on le saurait; car de tels hommes auraient été bien singuliers3. Ou ils auraient converti le monde idolâtre, comme les apôtres *; ou ils auraient succombé dans la persécution du monde entier, qu'ils auraient soufferte en défendant la vérité. Dans l'un et dans l'autre cas ils seraient les plus célèbres de tous les hommes; les histoires en seraient pleines5; mais nous n'en voyons aucune trace. Nous trouvons bien que So-

1 Le confesser. Le reconnaître, confileri. C'est le mot consacré, de même que le substantif : Confesseur de la foi.

* Idoles (e££ux«y, image) nom des dieux des païens , faits de la main des hommes.

8 Singuliers. Extraordinaires, qui se séparent de la foule des hommes {singuli.) Il n'est pas ordinairement du style noble mais du langage familier.

* Les apôtres (apostoli, c?.7T3-stè//w envoyer). Les disciples de J.-C. envoyés par lui pour convertir le movde au christianisme.

5 En seraient pleines. Expression simple e* très-siitnificative.

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crate * méprisait les dieux d'Athènes8 , et entrevoyait, par l'ouvrage de la nature, un être plus parfait que les dieux vulgaires inventés par la Fable; mais il ne voyait rien qu'à demi; il n'osait parler, et il est mort lâchement en adorant 1er dieux qu'il ne croyait pas3. Il ne peut donc point y avoir parmi les gentils certains philosophes plus philosophes que les autres, qui aient conservé en secret la pure idée et le pur culte du vrai Dieu avec unanimité entre eux. De telles gens épars çà et là, et inconnus les uns aux autres, ne peuvent remplir la fin que l'être parfait s'est pro-

1 Socrale, le plus célèbre philosophe de la Grèce, naquit à Athènes en 470, et mourut condamné à boire la ciguë, l'an 400, victime des attaques du poète Aristophane, et d'Anylus et de Mélitus, dont il s'était fait des ennemis par sa sagesse. Il eut pour disciples Platon et Xênopbon. Voyez te Voyage d'Anacharsis, c. lxvii.

8 Athènes, capitale de l'Àllique, partie de la Grèce méridionale, fondée en 16'i5 avant J.-C. par une colonie d'Kgyptiens conduits par Cécrops. La ville ia plus célèbre de .'antiquité grecque par les lettres , les arts et les grands hommes ,îe toute espèce. Voy. le Lexique de géographie comparée, de M. Mac Carthy, au mot Athènes, dans Quinte- Curce, édition classique de M. Ruelle.

3 Qu'il ne croyait pas. Socrate en mourant ordonna à l'un de ses disciples de sacrifier un coq à Esculape, se conformant ainsi à l'une des pratiques de la religion grecque Fénelon le juge sévèrement au point de vue du christianisme ; mais il est permis de penser que ce sage , croyant nécessaire de fortifier chez ses concitoyens la religion même grossière, à défaut d'une plus pure qu'ils n'auraient pas admise, voulut donner en mourant l'exemple du respect de» dieux, comme il avait donné celui de l'obéissance aux lois, en remsant de se dérober par la fuite à la mort que lui avaient infligée les magistrats C'est donc le citoyen plutôt que le ohi)«sophe qui mourui en païen , et l'on peut dire a*ec housseau que sa mort fui celle d'un sage, et non posai d'an lâche.

posée dans notre création, qui est de se faire un cuite digne de lui dans la société des hommes, pour faire de cette société même un vrai culte de son infinie sainteté. 11 n'aurait été honoré que par des lâches dont la croyance aurait été trahie par le culte1. (Lettres sur la Beb'gion.)

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