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Sens du 17e siècle : sans aucun doute

6. Cet argument tiré de la Bible atteste d'abord l'importance naissante de la Bible qui deviendra le livre de chevet des romantiques (voir plushaut le Génie du christianisme, p. H 3) et aussi l'influence profonde exercée sur l'imagination de

ATALA

« Remerciez donc la bonté divine, ma chère fdle, qui vous retire si vite de cette vallée de misère1. »

[Atala meurt chrétiennement, consolée par le discours du prêtre. Elle a fait promettre à Chactas qu'il deviendrait chrétien : ]

... Les ombres de la mort se répandirent autour de ses yeux et de sa bouche ; ses doigts errants cherchaient à toucher quelque chose ; elle conversait tout bas avec des esprits invisibles. Bientôt, faisant un effort, elle essaya, mais en vain, de détacher de son cou le petit crucifix ; elle me pria de le dénouer moi-même, et elle me dit :

« Quand je te parlai pour la première fois, tu vis cette croix briller à la lueur du feu sur mon sein2 ; c'est le seul bien que possède Atala. Lopez, ton père et le mien3, l'envoya à ma mère peu de jours après ma naissance. Reçois donc de moi cet héritage, ô mon frère ! conserve-le en mémoire de mes malheurs4. Tu auras recours à ce Dieu des infortunés dans les chagrins de ta vie. Chactas, j'ai une dernière prière à te faire. Ami, notre union aurait été courte sur la terre, mais il est après cette vié une plus longue vie. Qu'il serait affreux d'être séparé de toi pour jamais ! Je ne fais que te devancer aujourd'hui et jeté5 vais attendre dans l'empire céleste. Si tu m'as aimée, fais-toi instruire dans la religion chrétienne, qui préparera notre réunion. Elle fait sous tes yeux un grand miracle, cette religion, puisqu'elle me rend capable de te quitter sans mourir dans les angoisses du désespoir. Cependant, Chactas, je ne veux de toi qu'une simple promesse, je sais trop ce qu'il en coûte pour te demander un serment. Peut-être ce vœu te séparerait-il de quelque femme plus heureuse que moi »

Navré6 de douleur, je promis à Atala d'embrasser un jour la religion chrétienne. Ace spectacle, le solitaire, se levant

Chateaubriand par le Paradis perdu de Milton (voir dans le Génie le passage qu'il lui consacre, p. 103).

4. C'est bien le terme chrétien pour désigner la terre : vallée de misère, vallée de larmes.

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