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Naïade divinité des fontaines et des rivières

7. Chateaubriand aime les antithèses, il oppose la grâce de la cascade à l'impétuosité du torrent, et il y accroche une image aimable, un souvenir mythologique.

LE VOYAGE EN ITALIE

Bientôt le paysage atteint toute sa grandeur ; les forêts de pins, jusque alors assez jeunes, vieillissent ; le chemin s'escarpe1, se plie et se replie sur des abîmes; des ponts de bois servent à traverser des gouffres où vous voyez bouillonner Tonde, où vous l'entendez mugir.

Ayant passé Saint-Jean-de-Maurienne, et étant arrivé vers le coucher du soleil à Saint- André2, je ne trouvai pas de chevaux et fus obligé de m'arrêter. J'allai me promener hors du village. L'air devint transparent à la crête des monts, leurs dentelures se traçaient avec une pureté extraordinaire sur le ciel, tandis qu'une grande nuit sortait peu à peu du pied de ces monts et s'élevait vers leur cime.

J'entendais la voix du rossignol et le cri de l'aigle ; je voyais les aliziers3 fleuris dans la vallée et les neiges sur la montagne : un château, ouvrage des Carthaginois, selon la tradition populaire, montrait ses débris sur la pointe d'un roc. Tout ce qui vient de l'homme en ces lieux est chétif et fragile4 ; des parcs de brebis formés de joncs entrelacés, des maisons de terre bâties en deux jours : comme si le chevrier de la Savoie, à l'aspect des masses éternelles qui l'environnent, n'avait pas cru devoir se fatiguer pour les besoins passagers de sa courte vie5 î

[Il arrive à Milan, après avoir traversé la Lombardie. Si les environs de Turin l'enchantent peu, en revanche tout le reste du paysage

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