Mot à mot Larme du Christ
vin muscat provenant de vignes situées sur les flancs du Vésuve.
8. Aloès, plante grasse dont les feuilles aiguës ressemblent à de grands sabres.
9. Chateaubriand excelle à peindre le silence et la tristesse des ruines ou des paysages désolés (Cf. plus bas la campagne romaine, p. 185).
Fig. 8 — La baie de Naples.
Cette vue est prise du Pausilippe. Voir le récit de Chateaubriand pp. 182 et suivantes. On trouvera dans les gravures de la lin au volume une autre vue de la baie de Naples.
LE VOYAGE EN ITALIE
Je pars de l'ermitage à deux heures et demie ; je remonte sur le coteau de lave que j'avais déjà franchi : à ma gauche est la vallée qui me sépare de la Somma1, à ma droite la plaine du cône. Je marche en m'élevant sur l'arête du coteau. Je n'ai trouvé dans cet horrible lieu, pour toute créature vivante, qu'une pauvre jeune fille maigre, jaune, demi-nue, et succombant sous un fardeau de bois coupé dans la montagne.
Les nuages ne me laissent plus rien voir ; le vent, soufflant de bas en haut, les chasse du plateau noir que je domine, et les fait passer sur la chaussée de lave que je parcours : je n'entends que le bruit des pas de ma mule2.
Je quitte le coteau» je tourne à droite et redescends dans cette plaine de lave qui aboutit au cône du volcan et que j'ai traversée plus bas en montant à l'ermitage. Même en présence de ces débris calcinés, l'imagination se représente à peine ces champs de feu et de métaux fondus au moment des éruptions du Vésuve
Les nuages s'entr'ouvrent maintenant sur quelques points ; je découvre subitement et par intervalles Portici3, Gaprée,
1. L'un des sommets du Vésuve, séparé du sommet principal (1280 mètres) par une vallée de 500 mètres.
2. C'est un des procédés de Chateaubriand (voir Génie du Christianisme : Deux perspectives de la Nature, p. 100), de noter de légers bruits pour mieux faire ressortir le silence du paysage.