‹ Morceaux choisisChapitre 17 sur 530 · Jointif '— qui tient a, mot rare · texte numérisé non relu

Jointif '— qui tient a, mot rare

4. Voilà en somme un vrai château romantique et bien en harmonie avec l'imagination de Chateaubriand dont il exaltait la mélancolie.

CHATEAUBRIAND

\ Vie à Combourg.— Journées et soirées.

| Le calme morne du château de Combourg était augmenté

\ par l'humeur taciturne et insociable de mon père. Au lieu de resserrer sa famille et ses gens autour de lui, il les avait

j dispersés à toutes les aires de vent1 de l'édiïice. Sa chambre à coucher était placée dans la petite tour de Test et son cabinet dans la petite tour de l'ouest. Les meublés de ce

■' cabinet consistaient en trois chaises de cuir noir et une

• table couverte de titres et de parchemins. Un arbre généa-

I logique de la famille des Chateaubriand tapissait le man-

\ teau de la cheminée, et dans l'embrasure d'une fenêtre on

j voyait toutes sortes d'armes, depuis le pistolet jusqu'à

\ l'espingole2. L'appartement de ma mère régnait au-dessus

> de la grande salle, entre les deux petites tours : il était \ parqueté et orné de glaces de Venise à facettes3. Ma sœur4

> habitait un cabinet dépendant de l'appartement de ma mère. i La femme de chambre couchait loin de là, dans le corps de

> logis des grandes tours. Moi, j'étais niché dans une espèce ^ de cellule isolée, au haut de la tourelle de l'escalier qui \ communiquait de la cour intérieure aux diverses parties du

< château. Au bas de cet escalier, le valet de chambre de mon \ père et le domestique gisaient dans des caveaux voûtés, et la

cuisinière tenait garnison5 dans la grosse tour de l'ouest.

^ Mon père se levait à quatre heures du matin, hiver comme

\ été : il venait dans la cour intérieure appeler et éveiller son

> valet de chambre, à l'entrée de l'escalier de la tourelle. On l lui apportait un peu de café à cinq heures : il travaillait ? ensuite dans son cabinet jusqu'à midi. Ma mère et ma sœur l déjeunaient chacune dans leur chambre, à huit heures du

< matin. Je n'avais aucune heure fixe, ni pour me lever ni 5 pour déjeuner ; j'étais censé étudier jusqu'à midi : la plupart ï du temps je ne faisais rien.

> A onze heures et demie, on sonnait le dîner que l'on ser-

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