‹ Morceaux choisisChapitre 161 sur 530 · Pierre d'un bleu opaque · texte numérisé non relu

Pierre d'un bleu opaque

8. Pierre d'un éclat vitreux et de couleur variable. (blanche, rouge, jaune, verte, grise).

9. On a déjà remarqué l'art avec lequel Chateaubriand caractérise les teintes et les couleurs.

40. Exemple de ce que l'on pourrait appeler l'imagination my-

thologique dans Chateaubriand.

Les paysages des vieilles terres classiques lui font comprendre les antiques croyances des Grecs et des Romains. Il s'explique pourquoi les anciens ont vu dans les nuages les chars des dieux.

11. Voici, après l'imagination mythologique, l'imagination historique. Mais ici, l'idée de Chateaubriand est moins heureuse.

Il veut dire que le ciel, couleur de pourpre au soleil couchant, rappelle les teintes rouges du costume consulaire et du manteau impérial. C'est bien recherché. Et d'ailleurs la phrase, trop solennelle, est contournée et obscure.

12. Description extrêmement précise, où le rythme de la phrase traduit ces réveils successifs de la lumière.

13. « Nous quittons nos campagnes chéries.» (Virgile. Bucoliques I.)Chateaubriand aime citer Virgile et certains accents de sa poésie pastorale. Remarquer la douceur mélancolique de tout le passage.

LE VOYAGE EN ITALIE

grandes victimes du Clitumne1, des bœufs blancs ou des troupeaux de cavales demi-sauvages qui descendent au bord du Tibre et viennent s'abreuver dans ses eaux. Vous vous croiriez transporté au temps des vieux Sabins ou au siècle de l'Arcadien Evandre2, ito Élevés Xawv3, alors que le Tibre s'appelait Albula4, et que le pieux Énée remonta ses ondes inconnues.

Je conviendrai toutefois que les sites de Naples sont peutêtre plus éblouissants que ceux de Rome : lorsque le soleil enflammé, ou que la lune large et rougie, s'élève au-dessus du Vésuve, comme un globe lancé par le volcan, la baie de Naples, avec ses rivages bordés d'orangers, les montagnes de la Pouille, l'île de Caprée, la côte du Pausilippe, Baïes, Misène, Gumes, l'Averne, les Champs Elysées5, et toute cette terre virgilienne 6, présentent un aspect magique ; mais il n'a pas, selon moi, le grandiose de la campagne romaine.

[Un autre élément de beauté ce sont les ruines, ruines chrétiennes, ruines païennes qui évoquent tant de glorieux souvenirs :]

Dans une belle soirée du mois de juillet dernier, j'étais allé m'asseoir au Colisée7, sur la marche d'un des autels consacrés aux douleurs de la Passion. Le soleil qui se couchait versait des fleuves d'or par toutes ces galeries où

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