‹ Morceaux choisisChapitre 163 sur 530 · Comparer Lamartine · texte numérisé non relu

Comparer Lamartine

J'ai visité ces bords et ce divin asile Qu'a choisis pour dormir l'ombre du

[doux Virgile, Ces champs que la Sibylle à ses yeux Et Cume et l'Elysée. [déroula, (Milly ou la terre natale.)

Ce paysage est décrit par Virgile dans VEnéide. (Livre VI où est racontée la descente d'Enée aux enfers.)

7. Le Colisée était un amphithéâtre très vaste, situé près du Forum et construit parVespasien. Il en reste des ruines grandioses et son étymologie est sans doute Colosseum, le monument colossal : le grand axe a près de 200 mètres. On l'appelle aussi Amphithéâtre flavien en souvenir de son fondateur, chef de la dynastie des Flaviens. Le Colisée servait sous l'Empire aux combats de gladiateurs et de bêtes féroces. Au moyen âge il devint une forteresse et aussi une carrière : on en tira des blocs de pierre pour en bâtir des palais. Au 18e siècle, les papes le sauvèrent de la destruction et le consacrèrent à la Passion de J.-C. en souvenir des martyrs chrétiens qui y avaient péri.

CHATEAUBRIAND

roulait jadis le torrent des peuples1; de fortes ombres sortaient en même temps de l'enfoncement des loges et des corridors, ou tombaient sur la terre en larges bandes noires2. Du haut des massifs de l'architecture, j'apercevais, entre les ruines du côté droit de l'édifice, le jardin du palais des Césars, avec un palmier qui semble être placé tout exprès sur ces débris pour les peintres et les poètes. Au lieu des cris de joie que des spectateurs féroces poussaient jadis dans cet amphithéâtre, en voyant déchirer des chrétiens par des lions, on n'entendait que les aboiements des chiens de l'ermite qui garde ces ruines3. Mais aussitôt que le soleil disparut à l'horizon, la cloche du dôme de Saint- Pierre retentit sous les portiques du Golisée. Cette correspondance établie par des sons religieux entre les deux plus grands monuments de Rome païenne et de Rome chrétienne me causa une vive émotion4 : je songeai que l'édifice moderne tomberait comme l'édifice antique ; je songeai que les monuments se succèdent comme les hommes qui les ont élevés ; je rappelai dans ma mémoire que ces mêmes Juifs qui, dans leur première captivité, travaillèrent aux pyramides de l'Egypte et aux murailles de Babylone, avaient, dans leur dernière dispersion, bâti cet énorme amphithéâtre5. Les voûtes qui répétaient les sons de la cloche chrétienne étaient l'ouvrage d'un empereur païen marqué dans les prophéties pour la destruction finale de Jérusalem6. Sont-ce là d'assez hauts sujets de méditation, et croyez-vous qu'une ville où de pareils effets se reproduisent à chaque pas soit digne d'être vue7?

Je suis retourné hier, 9 janvier, au Colisée, pour le voir

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