‹ Morceaux choisisChapitre 164 sur 530 · Phrase majestueuse et résonnante qui fait image · texte numérisé non relu

Phrase majestueuse et résonnante qui fait image

2. Chateaubriand, comme on Ta vu, se plaît aux antithèses ; ici c'est le jeu de l'ombre et de la lumière.

3. Nouvelle antithèse : le bruit du passé et le silence d'aujourd'hui.

4. Ici, ce n'est plus une antithèse mais un rapprochement, et comme une harmonie entre le paganisme et le christianisme, symbolisés par les deux plus grands monuments de Kome.

5. Les descriptions des ruines aboutissent toujours, chez Chateaubriand, à de mélancoliques méditations sur la fuite des choses et des êtres. Il songe que

tout passera et il évoque les plus grands monuments de l'histoire

6. C'est sous Vespasien que Titus, son fils, prit et détruisit Jérusalem.

7. Nous dirions plutôt : « ne soit pas digne d'être vue». Paganisme, christianisme, judaïsme : les trois grandes civilisations sont en quelque sorte ramassées dans le même lieu. Chateaubriand excelle à faire de ces rapprochements, parfois inattendus, toujours grandioses. Cf.

ces lignes des Mémoires sur Ce séjour à Rome :

On m'avait recommandé de me promener au clair de lune : du haut de la Trinité-du-Mont, les édifices loin-

LE VOYAGE EN ITALIE

dans une autre saison et sous un autre aspect1 : j'ai été étonné, en arrivant, de ne point entendre l'aboiement des chiens qui se montraient ordinairement dans les corridors supérieurs de l'amphithéâtre, parmi les herbes séchées. J'ai frappé à la porte de l'ermitage pratiqué dans le cintre2 d'une loge ; on ne m'a point répondu : l'ermite est mort. L'inclémence de la saison, l'absence du bon solitaire, des chagrins récents3, ont redoublé pour moi la tristesse de ce lieu; j'ai cru voir les décombres d'un éditice que j'avais admiré quelques jours auparavant dans toute son intégrité et toute sa fraîcheur *. C'est ainsi, mon très cher ami, que nous sommes avertis à chaque pas de notre néant : l'homme cherche au dehors des raisons pour s'en convaincre ; il va méditer sur les ruines des empires, il oublie qu'il est lui-même une ruine encore plus chancelante, et qu'il sera tombé avant ces débris5. Ce qui achève de rendre notre vie le songe d'une om-

tains paraissent comme les ébaucheg d'un peintre ou comme des côtes eff umées, vues de la mer, du bord d'un vaisseau. L'astre de la nuit, ce globe que l'on suppose un monde fini, promenait ses pâles déserts au-dessus des déserts de Rome ; il éclairait des rues sans habitants, des enclos, des places, des jardins où ne passait personne, des monastères où l'on n'entend plus la voix des cénobites, des cloîtres aussi muets et aussi dépeuplés que les portiques du Colisée. Qu'arriva-t-il, il y a dix-huit siècles, à pareille heure et aux mêmes lieux ? Quels hommes ont ici traversé l'ombre de ces obélisques, après que cette ombre eut cessé de tomber sur les sables d'Egypte? Non seulement l'ancienne Italie n'est plus mais l'Italie du moyen âge a disparu.

Toutefois la trace de ces deux Italies est encore marquée dans la Ville Eternelle : si la Rome moderne montre son Saint-Pierre et ses chefs-d'œuvre, la Rome ancienne lui oppose son Panthéon et ses débris ; si l'une fait descendre du Capitole ses consuls, l'autre amène du Vatican ses pontifes.

Le Tibre sépare les deux gloires : assises dans la même poussière, Rome païenne s'enfonce de plus en plus dans ses tombeaux et Rome chrétienne redescend peu à peu dans ses catacombes. {Mémoires, II, 347.)

4. Nouvelle antithèse : après le Colisée vu en été, le Colisée vu en hiver.

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