‹ Morceaux choisisChapitre 165 sur 530 · Courbure en forme de demi-cercle · texte numérisé non relu

Courbure en forme de demi-cercle

3. Ces chagrins récents désignent la mort de Mme de Beaumont, décédée à Rome quelques mois auparavant, le 4 novembre 1803. Chateaubriand l'avait me* née un jour au Colisée :

C'était un de ces jours d'octobre, tels qu'on n'en voit qu'à Rome. Elle parvint à descendre et alla s'asseoir sur une pierre, en face d'un des autels placés au pourtour de l'édifice. Elle leva les yeux ; elle les promena lentement sur ces portiques morts euxmêmes depuis tant d'années et qui avaient vu tant mourir : les ruines étaient décorées de ronces et d'ancolies saf ranées par l'automne et noyées dans la lumière. La femme expirante abaissa ensuite, de gradins en gradins jusqu'à l'arène, ses regards qui quittaient le soleil ; elle les arrêta sur la croix de l'autel et me dit : « Allons ; j'ai froid. » Je la reconduisis chez elle ; elle se coucha et ne se releva plus. {Mémoires, II, 369.)

4. Après les méditations sur les ruines des monuments, voici la plainte sur les hommes éphémères. Se reporter au chapitre du Génie sur les ruines, p. 125.

5. « L'homme à qui cette lettre est adressée n'est plus » (Note de Chateaubriand, édition de 1826).Fontanes étai t mort en 1821.

CHATEAUBRIAND

fcre1, c'est que nous ne pouvons pas même espérer de vivre longtemps dans le souvenir de nos amis, puisque leur cœur, où s'est gravée notre image, est, comme l'objet .dont il retient les traits, une argile sujette à se dissoudre. On m'a montré à Portici un morceau de cendres du Vésuve, friable au toucher, et qui conserve l'empreinte, chaque jour plus effacée, du sein et du bras d'une jeune femme ensevelie sous les ruines de Pompéïa2; c'est une image assez juste, bien qu'elle ne soit pas encore assez vaine, de la trace que notre mémoire laisse dans le cœur des hommes, cendre et poussière 3.

[Chateaubriand raconte ensuite à son ami ses autres pèlerinages à quelques lieux fameux de Rome ou de la campagne Romaine : à Tivoli, la villa Adriana, la maison d'Horace, la maison de Catulle, etc. ; à Frascati, les hauts pins près desquels Cicéron dictait ses Tusculanes, à Literne, les ruines de la maison de Scipion l'Africain, etc. La Lettre à M. de Fontanes termine le Voyage en Italie*.]

!.. Définition du poète grec Pindare.

2. Chateaubriand, avec tout son temps, écrit souvent Pompéïa; nous disons Pompéï.

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