VHymette est une monta
gne célèbre par ses abeilles et son miel.
3. Cette citadelle c'est le rocher de l'Acropole transformé en citadelle par les Turcs. Les Propylées sont le vestibule qui couronnait l'escalier par où on mon tait au rocher; le Parthénon est le célèbre temple de Minerve; le temple d'Erechthée ou Erechtheion tirait son nom d'un héros légendaire de la ville. Ces deux temples, bien que très mutilés, ont laissé des ruines imposantes.
4. A cette date, Athènes était une ville turque ; c'est ce qui explique la description et la méditation du paragraphe suivant.
5. Ne pas confondre avec le Pœcile qui était un portique orné de peintures.
L'ITINÉRAIRE DE PARIS A JÉRUSALEM
seconde offrait un terrain labouré où Ton venait de faire la moisson; la troisième présentait un long bois d'oliviers, qui s'étendait un peu circulairement depuis les sources de l'Ilissus1, en passant au pied de l'Anchesme, jusque vers le port de Phalère. Le Céphise coule dans cette forêt, qui par sa vieillesse semble descendre de l'olivier que Minerve fit sortir de la terre2. L'Ilissus a son lit desséché de l'autre côté d'Athènes, entre le mont Hymette et la ville. La plaine n'est pas parfaitement unie : une petite chaîne de collines détachée du mont Hymette en surmonte le niveau et forme les différentes hauteurs sur lesquelles Athènes plaça peu à
peu ses monuments
Des trois bandes ou régions qui divisaient devant nous la plaine d'Athènes, nous traversâmes rapidement les deux premières, la région inculte et la région cultivée. On ne voit plus sur cette partie de la route le monument du Rhodien, mais on aperçoit des débris de quelques églises. Nous entrâmes dans le bois d'oliviers : avant d'arriver au Céphise, on trouvait deux tombeaux et un autel de Jupiter l'Indulgent. Nous distinguâmes bientôt le lit du Céphise entre les troncs des oliviers qui le bordaient comme de vieux saules : je mis pied à terre pour saluer le fleuve et pour boire de son eau3; j'en trouvai tout juste ce qu'il m'en fallait dans un creux sous la rive; le reste avait été détourné plus haut pour arroser les plantations d'oliviers. Je me suis toujours fait un plaisir de boire de l'eau des rivières célèbres que j'ai passées dans ma vie : ainsi j'ai bu des eaux du Mississipi, de la Tamise, du Rhin, du Pô, du Tibre, de l'Eurotas, du Céphise, de l'Hermus, du Granique, du Jourdain, du Nil, du Tage et de l'Ebre. Que d'hommes au bord de ces fleuves peuvent dire comme les Israélites : Sedwuis et flevimus*!
1. Une des deux rivières — et très petites rivières — qui arrosent Athènes; l'autre est le Céphise.
2. La légende rapportait que Minerve, protectrice d'Athènes, avait, dans son conflit avec Neptune, fait sortir de terre l'olivier sacre. Il y avait près cl'Athènes des bois d'oliviers consacrés par toutes sortes de légendes, notamment le bois de Colone où Œdipe avait mystérieusement disparu, comme le raconte Sophocle dans sa tragédie d'Œdipe à Colone.