‹ Morceaux choisisChapitre 194 sur 530 · C'est l'éternel et mélancolique refrain de Chateaubriand · texte numérisé non relu

C'est l'éternel et mélancolique refrain de Chateaubriand

« Mais où sont les neiges d'antan ? » avait déjà dit Villon, en songeant a.ux Dames du temps jadis.

9. Ce détail fait allusion à un épisode de voyage, Chateaubriand, passant par Mégare, avait été appelé par un Grec pour soigner sa tille malade, sous le prétexte que tous les « Francs » avaient des connaissances médicales. Il avait donné du camphre à la malade et prié avec les assistants « Christos et la Panagia (la Vierge) ».

10. Aspasie, femme grecque du 5e siècle av. J.-C., célèbre par son esprit et sa beauté.

CHATEAUBRIAND

avait été contemplé par des yeux fermés depuis deux mille ans. Je passerai à mon tour; d'autres hommes aussi fugitifs que moi viendront faire les mêmes réflexions sur les mêmes ruines. Notre vie et notre cœur sont entre les mains de Dieu : laissons-le donc disposer de l'une comme de l'autre1.

[Chateaubriand avait trouvé un cicérone précieux dans le consul de France, Fauvel2, installé depuis très longtemps à Athènes. C'est sous sa direction qu'il visita les lieux fameux et les monuments célèbres, le Pnyx, l'Aréopage, le Parthénon, le théâtre de Bacchus, les ports de Phalère et du Pirée, le bourg de Colone, etc. ; et grâce à son guide il obtint « des idées claires sur les monuments, le ciel, le soleil, les perspectives, la terre, la mer, les rivières, les bois, les montagnes de l'Attique ». Voici un fragment de sa description du Parthénon :]

Le Temple de Minerve est ou plutôt était3 un simple parallélogramme allongé, orné d'un péristyle4, d'un pronaos ou portique, et élevé sur trois marches ou degrés qui régnaient tout autour. Ce pronaos occupait à peu près le tiers de la longueur totale de l'édifice; l'intérieur du temple se divisait en deux nefs séparées par un mur, et qui ne recevaient le jour que par la porte5 : dans l'une on voyait la statue de Minerve, ouvrage deiPhidias6, dans l'autre, on gardait le trésor des Athéniens. Les colonnes du péristyle et du portique reposaient immédiatement sur les degrés du temple; elles étaient sans base, cannelées7 et d'ordre dori-

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