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Encore un thème connu

les monuments passent, les civilisations passent, tout passe.

Bossuet avait déjà développé cette idée. Voir surtout le Sermon sur la Mort.

2. Fauvel était venu à Athènes à la fin du 18e siècle et il y fut jusqu'en 1820 un cicérone incomparable pour tous les visiteurs. Cf. R. Canat, La Renaissance de la Grèce antique de 1820 à i85o, chap. III.

3. Le Parthénon, construit au 5e siècle av. J.-C, était déjà fort disloqué quand Chateaubriand le vit. Toute la voûte avait sauté au 17e siècle (en 1687), sous l'effet d'un bombardement vénitien, les Turcs ayant transformé le temple de Minerve en magasin à poudre.

4. Colonnade formant galerie autour de l'édifice. Le portique est l'esplanade devant l'entrée.

5. C'est plus crue douteux. On ne sait pas très bien comment étaient éclairés les temples grecs, mais il est sûr qu'ils n'étaient pas obscurs comme des caves, ce qui aurait eu lieu s'ils n'avaient reçu le iour que par la porte. Cette question a été fort étudiée par la critique archéologique pendant le 19e siècle.

6. Cette statue, un des chefsd'œuvre de Phidias, était chryséléphantine, c'est-à-dire faite d'or et d'ivoire comme le Jupiter Olympien du même sculpteur qui ornait le temple d'Olympie. Au 19m* siècle, le sculpteur Simart a effectué, pour le duc de Luynes, une restitution en or et ivoire de cette statue. — Phidias (498-438) fut le plus grand sculpteur grec.

7. Les cannelures sont les lignes en creux le long d'une colonne.

l'itinéraire DE PARIS A JÉRUSALEM 223

que; elles avaient quarante-deux pieds de hauteur et dixseptnet demi de tour près du sol; rentrecolonnementf était de sept pieds quatre pouces, et le monument avait deux cent dix-huit pieds de long et quatre-vingt-dix-huit et demi de large1.

Les triglyphes2 de Tordre dorique marquaient la frise du péristyle : des métopes ou petits tableaux de marbre à coulisse séparaient entre eux les triglyphes. Phidias ou ses élèves avaient sculpté sur ces métopes le combat des Centaures et des Lapithes. Le haut du plein mur du temple, ou la frise de la cella, était décoré d'un autre bas-relief représentant peut-être3 la fête des Panathénées. Des morceaux de sculpture excellents, mais du siècle d'Adrien, époque du renouvellement de l'art, occupaient les deux frontons du

temple4 Tel était ce temple qui a passé à juste titre

pour le chef-d'œuvre de l'architecture chez les anciens et chez les modernes : l'harmonie et la force de toutes ses parties se font encore remarquer dans ses ruines, car on en aurait une très fausse idée si l'on se représentait un édifice agréable, mais petit, et chargé de ciselures et de festons à notre manière. Il y a toujours quelque chose de grêle dans notre architecture, quand nous visons à l'élégance; ou de pesant, quand nous prétendons à la majesté5. Voyez comme

4. Chateaubriand aime beaucoup à mesurer les monuments, (on remarquera qu'il n'emploie pas les termes du système métrique, dont il n'a cessé de dire du mal.) Il met une réelle coquetterie à paraître précis dans ses mensurations d'édifices comme dans sa topographie. Il s'est fait donner par certains savants plusieurs brevets d'exactitude, qu'il a consignés dans ses Mémoires en ajoutant :

Mon exactitude tient à mon bon sens vulgaire ; je suis de la race des Celtes et des tortues, race pédestre ; non du sang des Tartares et des oiseaux, races pourvues de chevaux et d'ailes. La religion, il est vrai, me ravit quelquefois dans ses bras; mais quand elle me remet à terre, je chemine, appuyé sur mon bâton, me reposant aux bornes pour déjeuner de mon olive et de mon pain bis. {Mémoires, II, 586.)

2. Les triglyphes étaient des ornements qui décoraient la frise du péristyle, c'est-à-dire la frise

extérieure qui courait autour de l'édifice. Ily avait une autre frise, celle qui décorait le mur du temple proprement dit, celui qui se trouvait derrière le péristyle.— Le combat des Centaures et des Lapithes est raconté dans le poème de Chénier V Aveugle.

3. Non pas peut-être mais sûrement. Quand Chateaubriand vit le Parthénon, cette frise des Panathénées était encore à sa place.

Elle fut enlevée en 1811 par lord Elgin et transportée à Londres au Musée Britannique. — Les Panathénées étaient la fête annuelle de Minerve': une procession montait au Parthénon.

4. Inexact. Les deux frontons (on désigne par là les deux espaces triangulaires de la façade et de l'arrière du temple) étaient garnis de sculptures de Phidias ou de ses élèves. L'un d'eux est très mutilé.

5. Exagéré. N'a-t-on pas vanté l'élégance de nos églises gothiques ?

tout est calculé au Parthénon! L'ordre est dorique, et le peu de hauteur de la colonne dans cet ordre vous donne à l'instant l'idée de la durée et de la solidité; mais cette colonne, qui de plus est sans base, deviendrait trop lourde : Ictinus1 a recours à son art; il fait la colonne cannelée, et l'élève sur des degrés : par ce moyen il introduit presque la légèreté du corinthien dans la gravité dorique. Pour tout ornement vous avez deux frontons et deux frises sculptées. La frise du péristyle se compose de petits tableaux de marbre régulièrement divisés par un triglyphe : à la vérité, chacun de ces tableaux est un chef-d'œuvre; la frise de la cella2 règne comme un bandeau au haut d'un mur plein et uni : voilà tout, absolument tout3. Qu'il y a loin de cette sage économie d'ornements, de cet heureux mélange de simplicité, de force et de grâce, à notre profusion de découpures en carré, en long, en rond, en losange ; à nos colonnes fluettes, guindées sur d'énormes bases, ou à nos porches ignobles et écrasés que nous appelons des portiques4!

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