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Il y a beaucoup de grâce dans

cette comparaison, et, tout de suite après, un peu de mélancolie.

4. Quelles illusions ? Ce n'est pas clair, et sûrement à dessein.

Veut-il dire qu'il a encore l'illusion de la jeunesse en face de ces plantes si frêles? Ou bien ces plantes/ rapportées de divers pays, lui rappellent -elles certains gracieux fantômes de pays lointains, par associations d'images?

5. Novembre 1807. Cette seconde partie de notre citation est tirée du début du tome III des Mémoires d'Outre-Tombe.

CnATBAUBRIAND

ma chaumière n'avançaient pas, je pris le parti de les aller surveiller1. Nous arrivâmes le soir à la vallée. Nous ne suivîmes pas la route ordinaire; nous entrâmes par la grille au bas du jardin. La terre des allées, détrempée par la pluie, empêchait les chevaux d'avancer; la voiture versa. Le buste en plâtre d'Homère, placé auprès de madame de Chateaubriand, sauta par la portière et se cassa le cou : mauvais augure pour les Martyrs, dont je m'occupais alors2.

La maison, pleine d'ouvriers qui riaient, chantaient, cognaient, était chauffée avec des copeaux et éclairée par des bouts de chandelle; elle ressemblait à un ermitage illuminé la nuit par des pèlerins, dans les bois. Charmés de trouver deux chambres passablement arrangées et dans l'une desquelles on avait préparé le couvert, nous nous mîmes à table. Le lendemain, réveillé au bruit des marteaux et des chants des colons, je vis le soleil se lever avec moins de souci que le maître des Tuileries3.

J'étais dans des enchantements sans fin; sans être madame de Sévigné4, j'allais, muni d'une paire de sabots, planter mes arbres dans la boue, passer et repasser dans les mêmes allées, voir et revoir tous les petits coins, me cacher partout où il y avait une broussaille, me représentant ce que serait mon parc dans l'avenir, car alors l'avenir ne manquait point. En cherchant à rouvrir aujourd'hui5 par ma mémoire l'horizon qui s'est fermé, je ne retrouve plus le même, mais j'en rencontre d'autres. Je m'égare dans mes pensées évanouies ; les illusions sur lesquelles je tombe sont peut-être aussi belles que les premières; seulement elles ne sont plus si jeunes; ce que je voyais dans la splendeur du midi, je l'aperçois à la lueur du couchant6. Si je pouvais néanmoins cesser d'être harcelé par des songes ! . . .

Mes arbres, étant encore petits, ne recueillaient pas les bruits des vents de l'automne; mais, au printemps, les bri-

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