Selon les coutumes des barbares qui invectivent et crient
Eendant la bataille. (Cf. les comats dans VIliade et la Chanson de Roland).
3. Même impression de sauvagerie, produite par cette confusion de formes redoutables et indistinctes.
* Comparer ce portrait des Francs dans Tacite (que Chateaubriand a suivi pour plusieurs détails) :
Peu font usage de l'épée ou de la grande lance. Ils portent des piques ou, comme ils les appellent, des framées à fer étroit et court. Cette arme est fort acérée et si maniable qu'ils s'en servent, suivant l'occasion, de près comme de loin. Les cavaliers se
contentent du bouclier et de la framée ; les gens de pied ont de plus des javelots ; chaque homme en lance plusieurs et à d'immenses distances. Ils sont nus ou couverts d'un léger sayon : ils ne font point leur gloire de la parure; seulement ils peignent leurs boucliers de couleurs variées et choisies. On voit peu de cuirasses dans leurs armées, à peine un ou deux casques. Leurs chevaux ne sont remarquables ni par la beauté ni par la vitesse. On ne les dresse pas même comme chez nous aux évolutions ; ils les poussent en avant ou, pour toute manœuvre, ils les font tourner à droite, mais avec tant d'ensemble que pas un ne reste en arrière. ( Mœurs des Germains, VI, trad. Burnouf.)
4. Le chant de Probus dit exactement : « Nous avons vaincu en une fois mille Francs, mille Sarmates; nous cherchons mille et mille et mille et mille et mille Perses». — Probus est un empereur romain (276-282) gui arrêta, sur les boi$s du Rhin, la première invasion des Germains.
Fig. 14.
Vue de l'ancienne Jérusalem.
Cette gravure est comme l'illustration d'une scène des Martyrs (p. 287). Au premier plan, à gauche, la vallée de Josaphat; au milieu, le lit du Cédron ; à droite, le mont des Oliviers. — On trouvera, dans les gravures de la fin de cet ouvrage, une vue de la moderne Jérusalem.
4 l'hymne des Druides1. Les Francs répondent à ces cantiques de mort : ils serrent leurs boucliers contre leur bouche, et font entendre un mugissement semblable au bruit de la mer que le vent brise contre un rocher2; puis tout à coup, poussant un cri aigu, ils entonnent le bardit3 à la louange de leurs héros :
« Pharamond ! Pharamond ! nous avons combattu avec Vépée4.
« Nous abons lancé la francisque à deux tranchants 5 ; la sueur tombait du front des guerriers et ruisselait le long de leurs bras6. Les aigles et les oiseaux aux pieds jaunes7 poussaient des cris de joie; le corbeau nageait dans le sang des morts; tout VOcéan n'était qu'une plaie : les vierges ont pleuré longtemps8!
« Pharamond I Pharamond ! nous avons combattu avec l'épée9.
ce Nos pèi*es10 sont morts dans les batailles , tous les vautours en ont gémi; nos pères les rassasiaient de carnage11 ! Choisissons des épouses dont le lait soit du sang et qui remplissent de valeur le cœur de nos jils12. Pharamond, le bardit
1 . Le Péan, hymne en l'honneur d'Apollon, désigne aussi le chant que les Grecs entonnaient pour marcher au combat ou célébrer la victoire. — IS hymne des druides est le chant des bardes.
2. Chateaubriand reproduit en note une phrase de Tacite disant que les Germains « cherchent surtout la dureté des sons et un murmure étouffé, en plaçant le bouclier contre la bouche » [Mœurs des Germains]. La comparaison avec la mer est d'autant plus poétique que la mer est en vue.