Chateaubriand a écrit cette
Ï>artie des Mémoires en 1817 et 'a revue en 1846, c.-à-d. à une époque où il jugeait sévèrement la royauté et son entourage
CHATEAUBRIAND
Lorsqu'on annonça le lever de roi1, les personnes non présentées se retirèrent: je sentis un mouvement de vanité : je n'étais pas fier de rester, j'aurais été humilié de sortir. La chambre à coucher du roi s'ouvrit ; je vis le roi, selon l'usage, achever sa toilette, c'est-à-dire prendre son chapeau de la main du premier gentilhomme de service. Le roi s'avança allant à la messe ; je m'inclinai ; le maréchal de Duras me nomma : « Sire, le chevalier de Chateaubriand. » Le roi me regarda, me rendit mon salut, hésita, eut l'air de vouloir m'adresser la parole. J'aurais répondu d'une contenance assurée : ma timidité s'était évanouie. Parler au général de l'armée, au chef de l'Etat me paraissait tout simple, sans que je me rendisse compte de ce que j'éprouvais. Le roi, plus embarrassé que moi, ne trouvant rien à me dire, passa outre2. Vanité des destinées humaines I Ce souverain que je voyais pour la première fois, ce monarque si puissant était Louis XVI, à six ans de son échafaud ! Et ce nouveau courtisan qu'il regardait à peine, chargé de démêler les ossements parmi les ossements, après avoir été sur preuves de noblesse présenté aux grandeurs du lils de saint Louis, le serait un jour à sa poussière sur preuves de fidélité! 3 double tribut de respect à la double royauté du sceptre et de la palme ! 4 flbid. Livre IV.;
[ Chateaubriand assista à une partie de chasse à Versailles et ne reparut plus à la Gour. Il préférait la vie de Paris, les relations avec la société littéraire dont il a laissé de piquantes peintures. ]
Gens de Lettres.
Je savais par cœur les élégies du chevalier de Parny 5 et je les sais encore. Je lui écrivis pour lui demander la