‹ Morceaux choisisChapitre 272 sur 530 · Le Pamysus, avec l'Alphée, arrose la Messénie. On songe · texte numérisé non relu

Le Pamysus, avec l'Alphée, arrose la Messénie. On songe

« Volez, oiseaux de Libye, dont le cou flexible se courbe avec grâce, volez au sommet de l'Ithonie et dites que la fille d'Homère va revoir les lauriers de la Messénie1!

« Quand retrouverai-je mon lit d'ivoire, la lumière du jour, si chère aux mortels, les prairies émaillées de fleurs qu'une eau pure arrose, que la pudeur embellit de son souffle2 !

« J'étais, semblable à la tendre génisse sortie du fond d'une grotte, errante sur les montagnes et nourrie au son des instruments champêtres3. Aujourd'hui dans une prison solitaire, sur la couche indigente de Cérès4 !

« Mais d'où vient qu'en voulant chanter comme la fauvette je soupire comme La flûte consacrée aux morts? Je suis pourtant revêtue de la robe nuptiale ; mon cœur sentira les joies et les inquiétudes maternelles; je verrai mon lils s'attacher à ma robe, comme l'oiseau timide qui se réfugie sous l'aile de sa mère. Eh ! ne suis-je pas moi-même un jeune oiseau ravi au sein paternel5 !

« Que mon père et mon époux tardent à paraître ! Ah! s'il m'était permis d'implorer encore les Grâces et les Muses !

ici à la poésie de Ghénier, La Jeune Tarentine :

Elle a vécu, Myrto, la jeune Tarentine ! Un vaisseau la portait aux bords de [Camarine.

Là, l'hymen, les chansons, les flûtes, [lentement

Devaient la reconduire au seuil de [son amant. 4. Regret touchant etçracieux de la patrie. Cymodocee, bien que chrétienne, a l'imagination toute remplie des souvenirs de son enfance païenne. Ce caractère est sensible dans tout le passage. — La Messénie, où se

gassa l'heureuse enfance de ymodocée, descendante d'Homère, est décrite au début des Martyrs. Voici un passage :

Le laurier-rose et l'arbuste aimé de Junon [l'aguus-castus] bordaient de toutes parts le lit des torrents et le cours des sources et des fontaines :

souvent, au défaut de l'onde épuisée, ces buissons parfumés dessinaient dans les vallons comme des ruisseaux de fleurs et remplaçaient la fraîcheur des eaux par celle de l'ombre....

Ce beau pays présentait ainsi, du haut de l'Ithome et du péristyle du tem-

ple d'Homèrô, une corbeille de verdure de plus de huit cents stades de tour. (Livre I.)

2. Encore des souvenirs païens, surtout cette « lumière du jour » que regrettent tous les héros antiques au moment où ils vont mourir (voir les tragédies antiques). Gymodocée ne sait pas que sa mort est prochaine, mais il est tout naturel que dans sa sombre prison elle évoque le beau ciel de la Grèce.

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