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On dit plutôt le Barra

CIIATBAUBHIAND

charmante appelée la Véga. Gelte plaine, que domine Grenade, est couverte de vignes, de grenadiers, de figuiers, de mûriers, d'orangers; elle est entourée par des montagnes d'une forme et d'une couleur admirables1. Un ciel enchanté, un air pur et délicieux, portent dans l'âme une langueur secrète dont le voyageur qui ne fait que passer a même de la peine à se défendre2. On sent que dansée pays les tendres passions auraient promptement étouffé les passions héroïques, si l'amour, pour être véritable, n'avait pas toujours besoin d'être accompagné de la gloire3.

Lorsque Aben-Hamet découvrit le faîte des premiers édifices de Grenade, le cœur lui battit avec tant de violence qu'il fut obligé d'arrêter sa mule. Il croisa les bras sur sa poitrine, et, les yeux attachés sur la ville sacrée, il resta muet et immobile. Le guide s'arrêta à son tour, et comme tous les sentiments élevés sont aisément compris d'un Espagnol4, il parut touché et devina que le Manre revoyait son ancienne patrie. L'Abencérage rompit enfin le silence.

« Guide, s'écria-t-il, sois heureux î ne me cache point la vérité, car le calme régnait dans les flots le jour de ta naissance et la lune entrait dans son croissant5. Quelles sont ces tours qui brillent comme des étoiles au-dessus d'une verte forêt ?

— C'est l'Alhamf>ra, répond le guide.

— Et cet autre château sur cette autre colline? dit Aben- Hamct.

— C'est le Généralife6, répliqua l'Espagnol. Il y a dans

ce château un jardin planté de myrtes Plus loin vous

voyez l'Albaïzyn7, et plus près de nous les Tours vermeilles. »

1. Très exact. La vallée de Grenade, la véga, est extrêmement riche, bien arrosée ; c'est un des plus beaux paysages qui existent.

2. Voir la description de l'Andalousie dans Th. Gautier : Voyage en Espagne.

3. Il va justement montrer, dans ce pays langoureux, une aventure cornélienne, où l'amour est sacrifié à l'héroïsme.

4. Voilà une de ces réflexions qui, en effet, auraient attiré sur l'auteur la colère impériale.

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