C'est René (voir le roman René
4 . Ces jongleurs assistaient et prenaient part aux sacrifices.
Quand on avait brûlé le vieux sachem, un jongleur s'était précipité sur lui, lui avait arraché la peau de la tête et avait répan-
du des cendres rougies sur le crâne découvert du vieillard.
Chateaubriand, dans le Voyage en Amérique (chapitre Guerre) a défini le rôle des jongleurs.
Au moment du recensement de l'armée, c'ëstle grand jongleur qui appelle les combattants par leur nom et reçoit de chacun d'eux son manitou, cju'il place dans une corbeille de joncs.C'est lui aussi qui bénit les plantes médicinales et les instruments de chirurgie; lui qui, pendant la marche, règle la route, d'après les bons ou les mauvais présages; lui qui dit les prières, fixe les heures de repos et celles du départ.
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déjà ne Ta nommé? C'est Outougamiz. Il est au bûcher; il a coupé les liens funestes !
Toutes les paroles de tendresse et de pitié prêtes à s'échapper de son âme par lui sont étouffées1. Rien n'est fait encore : René n'est pas sauvé ; un seul instant de retard le peut perdre2. Revenus de leur première frayeur, les Illinois se sont aperçus du petit nombre des Natchez ; il se rassemblent avec des cris et entourent la troupe libératrice. Les efforts de cette troupe lui ouvrent un chemin : mais que peuvent douze guerriers contre tant d'ennemis? En vain les Natchez ont placé au milieu d'eux le frère d'Amélie; ses blessures le rendent boiteux et pesant; sa main percée d'une flèche ne peut lever la hache, et presque à chaque pas il va mesurer la terre.
Outougamiz charge le frère d'Amélie sur ses épaules ; le fardeau sacré semble lui avoir donné des ailes : le frère de Géluta glisse sur la pointe des herbes3; on n'entend ni le bruit de ses pas ni le murmure de son haleine. D'une main il retient son ami, de l'autre il frappe et combat. A mesure qu'il s'avance vers la forêt voisine, ses compagnons tombent un à un à ses côtés : quand il pénétra avec René dans la forêt, il restait seul.
Déjà la nuit était descendue; déjà Outougamiz s'était enfoncé dans l'épaisseur des taillis* où, déposant René parmi de longues herbes, il s'était couché près de lui; bientôt il entend des pas. Les Illinois allument des flambeaux qui éclairent les plus sombres détours du bois4.
René veut adresser les paroles de sa tendre admiration au jeune sauvage, mais celui-ci lui ferme la bouche : il connaissait l'oreille subtile des Indiens5. Il se lève, trouve avec