Règle : Il se faut entr^aider, p. 39, n
3. On peut se rappeler ici les vers de VEnéide sur l'héroïne Camille :
Illa vel intact® segetis per summa [volaret
Gramina, nec teneras cursu lœsisset
(VII, 808.) [aristas
« Elle aurait volé au sommet des
tiges de la moisson encore sur pied et
elle n'aurait point blessé dans sa course
les tendres épis ».
La Fontaine a dit : r „ncs [rait pas
L'herbe l'aurait portée ; une fleur n'au- Eoçu l'empreinte de ses pas.
4. Cette scène est vive et dramatique. Le candide Outougamiz, qui révélait dans ses paroles une âme un peu naïve dans sa touchante bonté, se montre, dans l'action, hardi, courageux, ingénieux et décidé. Ce n'est plus le simple, le crédule Outougamiz; c'est un chef expérimenté qui a combiné l'attaque des Illinois et qui a su la mener à bonne fin.
o. Les Indiens ont la vue et l'ouïe très subtiles. Pour la vue, cf. plus haut, p. 64. — Dans le Voyage en Amérique (article Guerre)^ Chateaubriand a beaucoup insisté sur tout cela.
Pour la description de Y Abbaye aux Bois (où Chateaubriand vint souvent, dans les dernières années de sa vie, rendre visite à Mm* Récainier), cf. surtout p. 444.
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LES NATCHEZ
joie que le frère d'Amélie a repris quelque force, lui ceint les reins d'une corde et l'entraîne au bas d'une colline qui domine un marais.
Les deux infortunés cherchent un asile au fond de ce marais : tantôt ils plongent dans le limon qui bouillonne autour de leur ceinture ; tantôt ils montrent à peine la tête au-dessus des eaux. Ils se frayent une route à travers les herbes aquatiques qui entravent leurs pieds comme des liens, et parviennent ainsi à de hauts cyprès, sur les genoux1 desquels ils se reposent.
Mère des actions sublimes ! toi qui, depuis que la
Grèce n'est plus, as établi ta demeure sur les tombeaux indiens, dans les solitudes du Nouveau-Monde ! toi qui, parmi ces déserts, es pleine de grandeur, parce que tu es pleine d'innocence ! amitié sainte ! prête-moi tes paroles les plus fortes et les plus naïves, ta voix la plus mélodieuse et la plus touchante, tes sentiments exaltés, tes feux immortels, et toutes les choses ineffables qui sortent de ton cœur, pour chanter les sacrifices que tu inspires2! Oh ! qui me conduira3 au champ des Rutules, à la tombe d'Euryale et de Nisus4, où la Muse console, encore des mânes fidèles5! Tendre divinité de Virgile, tu n'eus à soupirer que la mort de deux amis; moi j'ai à peindre leur vie infortunée. (Livre XII.)
[Les deux amis pressent leur fuite, autant qu'ils peuvent. Outougamiz sauve René de l'attaque des Illinois ; ils échappent à grand'peine à de nombreux périls. Us vont périr de fatigue et de faim un peu avant d'arriver au pays des Natchez, lorsqu'ils rencontrent la sœur d'Outougamiz, Céluta. Ici finit le livre XII et, avec lui, la première partie du livre : Y épopée. Ce qui suit est le roman et n'est plus divisé en livres.]