‹ Morceaux choisisChapitre 369 sur 530 · Etudier le ton et la couleur de ce tableau · texte numérisé non relu

Etudier le ton et la couleur de ce tableau

3. Céluta a été embarquée sur une pirogue par la fille du gouverneur français qui Fa prise en amitié. Mais un jour que tout le monde était descendu à terre, Céluta, qui s'était assoupie près d'un rocher, est abandonnée par les matelots.

4. Se reporter à toutes les descriptions citées des solitudes américaines. Cf. en particulier pp. 59, 76, 101, 156.

5. Les caribous sont des espèces de rennes ; Vorignal est l'élan du Canada.

L'orignal a le muffle du chameau, le bois plat du daim, les jambes du cerf. Sou poil est mêlé de gris, de blanc, de rouge et de noir. Sa course est rapide. Selon les sauvages, les orignaux ont un roi surnommé le grand orignal ; ses sujets lui rendent toutes sortes de devoirs. Ce grand orignal a les jambes si hautes, que huit pieds de neige ne l'embarrassent point du tout. Sa peau est invulnérable ; il a un bras qui lui sort de l'épaule, et dont il use de la même manière que les hommes se servent de leurs bras. (Chateaubriand, Voyage en Amérique.)

paître les savanes. Dans le lointain on entendait les chants extraordinaires des raines1, dont les unes imitant le mugissement du bœuf laboureur, les autres le tintement d'une cloche champêtre, rappelaient les scènes rustiques de l'Europe civilisée, au milieu des tableaux agrestes de l'Amérique sauvage.

Les zéphyrs embaumés par les magnolias2, les oiseaux cachés sous le feuillage, murmuraient d'harmonieuses plaintes que Géluta prenait pour la voix des enfants à naître3; elle croyait voir les petits génies des ombres, et ceux qui président au silence des bois, descendre du firmament sur les rayons de la lune, légers fantômes qui s'égaraient à travers les arbres et le long des ruisseaux. Alors elle adressait la parole à sa fille couchée sur ses genoux ; elle lui disait : « Si j'avais le malheur de te perdre à présent, que deviendrais-je? Ah! si ton père m'aimait encore, je t'aurais bientôt retrouvée4! Je découvrirais mon sein, j'épierais ton âme errante avec les brises de l'aube, sur la tige humectée des fleurs, et mes lèvres te recueilleraient dans la rosée. Mais ton père s'éloigne de moi, et les âmes des enfants ne rentrent jamais dans le sein des mères qui ne sont point aimées5. »

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