Règle : Il se faut entr'aider, p. 39, n
2. Bien des raisons troublent Pâme de Céluta, déjà désemparée par la tristesse. Elle est heureuse et surprise d'entendre René lui parler avec une tendresse inaccoutumée, elle est désespérée de son retour qui l'amène à la mort, elle est épouvantée de sentir que chaque minute perdue augmente les chances du meurtre, elle ne sait à quoi se décider, elle a le remords d'avoir avancé le massacre, en prenant les roseaux, et elle est comme affolée de ne pouvoir révéler à René le secret de la conspiration et de l'éloigner sans lui donner ses raisons.
3. Voir un peu plus haut, dans les quelques lignes explicatives qui précèdent Mort de René, p.
389, à quel événement elle fait allusion.
4. Céluta a juré au vieil Adario de ne point divulguer à René le secret de la conspiration contre les blancs, ou plutôt elle n'a point prêté le serment, mais elle a promis de faire comme si elle avait juré :
Mon frère, disait-elle, a pu jurer parce qu'il ne sait pas à quoi l'engageait son serment ; moi, qui connais d'avance les conséquences de ce serment, je serais une femme dénaturée si je le prononçais. Je ne jurerai donc point, mais pour te consoler, Adario, sache que si ma vertu ne me fait garder le secret, tous les serments de la terre seraient inutiles.
5. Il y aura donc toujours eu quelque chose pour empêcher l'absolue intimité entre René et Céluta. C'était d'abord René gui avait son « mystère » ; à peine l'a-t-il fait connaître à Céluta que celle-ci à son tour est liée par un secret.
CHATEAUBRIAND
retentit au dehors. René tourne la tête ; la hache lancée l'atteint et s'enfonce dans son front, comme la cognée dans la cime du chêne, comme le fer qui mutile une statue antique, image d'un Dieu et chef-d'œuvre de l'art. René tombe dans sa cabane : René n'est plus1.
[Céluta s'évanouit sur le cadavre de René, où elle est trouvée quelques instants après par Mila. Car Mila, contrairement au bruit qu'on avait répandu, ne s'était pas jetée dans le fleuve ; on l'avait enfermée dans une caverne, d'où elle a réussi à s'échapper. Outougamiz arrive à son tour, très stupéfait de retrouver Mila et s'obstinant à ne pas la croire vivante et à l'appeler fantôme. Son désespoir est effrayant à la vue du cadavre de René. Mais le canon se fait entendre ; le jeune homme, fidèle à son serment, va prendre les armes dans- sa tribu. Lorsque tous les colons sont massacrés aux Natchez, et que le fort Rosalie est enlevé, Outougamiz, revenu à la cabane de René, tue Onduré, enterre René, et meurt quelques mois après. Les Natchez sont refoulés dans le désert par l'armée française. Tous les personnages du poème sont morts, sauf Céluta et Mila qui ne tardent pas à rejoindre les autres, en se précipitant volontairement dans une cataracte2.]