Tout ce tableau est très pathétique
2. Il y a des familles et des races maudites. Tous ceux qui ont approché René et a;ui ont tenu de près ou de loin à sa vie ont été malheureux. C'est là encore un des caractères de V homme fatal. Et l'on peut dire
que le poème des Natchez est la démonstration de cette phrase qui se trouve à la fin :
Il y a des familles que la destinée semble persécuter : n'accusons pas la Providence. . . Celui qui, même involontairement, est la cause de quelque malheur ou de quelque crime n'est jamais innocent aux yeux de Dieu.
(C'est aussi dans cette édition de 1826-1831 que Chateaubriand publia pour la première fois ses poésies. (Il indique, dans la Préface, que trois seulement avaient déjà paru, l'une dans VAlmanach des Muses, une dans le Mercure à son retour de l'émigration, une troisième dans un journal de Londres.) Ces poésies comprennent trois groupes, de l'aveu même de l'auteur.
Le premier, sous le titre général de Tableaux de la nature, comprend des idylles composées entre 1784 et 1790, mais «des idylles sans moutons et où l'on trouve à peine un berger ». Voici celle qui avait été insérée dans VAlmanach des Muses , en 1790 :]
L'Amour de la campagne.
Que de ces prés l'émail1 plaît à mon cœur ! Que de ces bois l'ombrage m'intéresse ! Quand je quittai cette onde enchanteresse, L'hiver régnait dans toute sa fureur.
Et cependant mes yeux demandaient ce rivage;
Et cependant d'ennuis2, de chagrins dévoré,
Au milieu des palais, d'hommes froids entouré,
Je regrettais partout mes amis du village.
Mais le printemps me rend mes champs et mes beaux jours.
Vous m'allez voir encore, ô verdoyantes plaines,
Assis nonchalamment auprès de vos fontaines,
Un Tibulle3 à la main, me nourrissant d'amours.
Fleuve de ces vallons, là, suivant tes détours,
J'irai seul et content gravir ce mont paisible.
i; Image assez banale et inversion très pénible.
* Montrer que le passage est rempli d'inversions lourdes et rudes.