Voir plus haut, pour Gray
3. Image assez banale. — Cf. au contraire les descriptions en prose des nuits et des clairs de lune, par exemple les extraits donnés plus haut du Voyage en Amérique ou du Génie, pp. 76 et 101.
4. Epithète singulière pour dire l'insecte que l'on ne voit pas et qu'on reconnaît mal à son bruit. — Insecte incertain est bien dur à prononcer.
CHATEAUBRIAND
Les sons interrompus des sonnettes champêtres Du troupeau qui s'endort sur le coteau lointain1.
Dans ce champ où l'on voit l'herbe mélancolique Flotter sur les sillons que forment ces tombeaux1, Les rustiques aïeux de nos humbles hameaux Au bruit du vent des nuits dorment sous l'if antique.
Là dorment dans l'oubli des poètes sans gloire3, Des orateurs sans voix, des héros sans victoire4 : Que dis-je? des Titus faits pour être adorés5. Mais si le sort voila tant de vertus sublimes, Sous ces arbres en deuil6 combien aussi de crimes Le silence et la mort n'ont-ils point dévorés ! Loin du monde trompeur, ces bergers sans envie, Emportant avec eux leurs tranquilles vertus, Sur le fleuve du temps passagers inconnus7, Traversèrent sans bruit les déserts de la vie. Une pierre, aux passants demandant un soupir, Du naufrage des ans a sauvé leur mémoire; Une Muse ignorante y grava leur histoire Et le texte sacré qui nous aide à mourir8.
I. Ceci est meilleur, mais I tion de Chénier à la même ne vaut pas telle descrip- | date :
Là je verrais, assis dans ma grotte profonde, La génisse traînant sa mamelle féconde, Prodiguant à ses fils ce trésor indulgent, A pas lents agiter sa cloche au 6on d'argent, Promener près des eaux sa tête nonchalante Ou de son large flanc presser l'herbe odorante.
2. Le mot sillons continue, pour les cimetières, l'image des champs. C'est un peu recherché.
3. Il développe cette idée que bien des morts inconnus eussent été illustres, si le sort l'avait permis.