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Le duc de Berry était en effet très populaire

2. Il fut assassiné le 13 février 1820, et mourut queïques heures après.

3. On sent que tout le passage est un plaidoyer en faveur de la monarchie traditionnelle.

4. Très exact. Le duc de Berry demanda avec insistance àLouis XVIII la grâce de Louvel. Celuici fut exécuté le 7 juin 1820.

5. L'imagination religieuse de l'auteur crée ici un peu aisément le miracle.

6. Il avait été frappé d'un poignard au côté droit. L'autopsie montra que le cœur avait été touché. « Le prince, écrit Chateaubriand, aurait dû mourir sur le coup. »

7. L'antithèse est un peu factice, d'autant plus que les sacrifices de l'honneur peuvent être aussi des trépas chrétiens.

8. Toute cette fin est inspirée par les souvenirs de la chevalerie et par une ardente foi légitimiste.

[Dans son édition des Œuvres complètes de 1826 à 185 1, Chateaubriand recueillit pour la première fois, sous le titre de Mélanges littéraires, plusieurs articles de critique publiés sous l'Empire à partir de 1800 (généralement dans le Mercure de France) et dans les premières années de la Restauration (généralement dans le Conservateur et le Journal des Débats). ]

Classiques et romantiques1.

Une partie de nos gens de lettres n'admire plus que les ouvrages étrangers, tandis que l'autre tient fortement à notre ancienne école. Selon les premiers, les écrivains du siècle de Louis le Grand n'ont eu ni assez de mouvement dans le style, ni surtout assez de pensées2; selon les seconds, tout ce prétendu mouvement, tous les efforts du jour vers les pensées nouvelles, ne sont que décadence et corruption.

On pourrait dire aux premiers qu'on se perd sans retour aussitôt que l'on abandonne les grands modèles3, qui peuvent seuls nous retenir dans les bornes délicates du goût ; qu'on se trompe lorsqu'on prend pour de véritables mouvements une manière qui procède sans fin par exclamations et par interrogations4... Une des sources de l'erreur où

1. Article d'avril 1801 sur Shakespeare.— On remarquera que Chateaubriand ne parle pas de classiques ni de romantiques, mais ^ancienne et de nouvelle école.Son article est évidemment dirigé contre la Littérature (1800) de Mme de Staël qui avait mis à la mode la littérature anglaise.

2. Encore une attaque contre Mme de Staël et la littérature des penseurs.

3. C'est une question qu'il reprendra plus à fond, et toujours a propos des écrivains anglais, dans son Essai sur la littérature anglaise (voir plus loin), où il

attaquera vigoureusement notre romantisme. — Sur Shakespeare en particulier, il reprend quelques-unes des critiques de V oltaire.

4. Ceci encore est dirigé contre Shakespeare, dont il dit aussi :

Shakespeare est naturel dans les sentiments et dans la pensée, jamais dans l'expression ... Il a tous les défauts des écrivains italiens de son siècle ; il m'anque éminemment de simplicité. Ses descriptions sont enflées, contournées ; on y sent souvent l'homme de mauvaise éducation, qui, ne connaissant ni les genres ni les tons ni les sujets

CHATEAUBRIAND

sont tombés les gens de lettres qui cherchent des routes inconnues vient de l'incertitude qu'ils ont cru remarquer dans les principes du goût. On est grand homme dans un journal, et misérable écrivain dans un autre : ici un génie brillant, là un pur déclamateur. Les nations entières varient : tous les étrangers refusent, du génie à Racine1 et de l'harmonie à nos vers; nous, nous jugeons des auteurs anglais tout différemment que les Anglais eux-mêmes ; on serait étonné de savoir quels sont les grands hommes de France en Allemagne2, et quels sont les auteurs français qu'on méprise dans ce pays*

Mais tout cela ne saurait jeter l'esprit dans l'incertitude3 et faire abandonner les principes, sous prétexte qu'on ne sait pas ce que c'est que le goût. Il y a une base sûre où l'on peut se reposer : c'est la littérature ancienne : elle est là pour modèle invariable4.

C'est donc autour de ceux qui nous rappellent à ces grands exemples qu'il faut nous hâter de nous rallier, si nous voulons échapper à la barbarie. Quand les partisans de l'an? cienne école iraient un peu trop loin dans leur haine des littératures étrangères, on devrait encore leur en savoir gré: c'est ainsi que Boileau s'éleva contre le Tasse5, par la raison, comme il le dit lui-même, que son siècle avait trop de penchant à tomber dans les défauts de cet auteur.

Cependant, en accordant quelque chose à un adversaire6, ne le ramènerait-on pas plus aisément aux bons modèles ? Est-ce qu'on ne pourrait pas convenir que les arts d'imagi nation7 ont peut-être un peu trop dominé dans le siècle de

ni la valeur exacte des mots, va plaçant au hasard des expressions poétiques au milieu des choses les plus triviales.

1. Il y a en effet, dans Part de Racine, quelque chose de très particulier que les étrangers sentent difficilement.

2. Par exemple du Bartas, le poète du 16e siècle. La question que soulève Chateaubriand est des plus intéressantes.

3. Après avoir montré la relativité du goût, Chateaubriand met en garde contre les conclusions excessives qu'on en pourrait tirer. C'est une réplique à la Littérature (1800) de Mm* de Staël.

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