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Ce n'est pas toujours exact

Et Chateaubriand lui-même n'at-il pas loué le poète Shakespeare d'avoir fidèlement conservé l'horreur de certaines époques historiques ?

7. Ici commence la fameuse phrase où Napoléon se sentit visé.

gloire du maître du monde. Bientôt toutes les fausses vertus seront démasquées par l'auteur des Annales1 ; bientôt il ne fera voir dans son tyran déifié que l'histrion2, l'incendiaire 3 et le parricide 4 ; semblable à ces premiers chrétiens d'Egypte qui au péril de leurs jours pénétraient dans les temples de l'idolâtrie, saisissaient au fond d'un sanctuaire ténébreux la divinité que le crime offrait à l'encens de la peur, et traînaient à la lumière du soleil, au lieu d'un dieu, quelque monstre horrible5.

Mais si le rôle de l'historien est beau, il est souvent dangereux6. Il ne suffît pas toujours, pour peindre les actions des hommes, de se sentir une âme élevée, une imagination forte, un esprit fin et juste, un cœur compatissant et sincère ; il faut encore trouver en soi un caractère intrépide ; il faut être préparé à tous les malheurs, et avoir fait d'avance le sacrifice de son repos et de sa vie.

Toutefois, il est des parties dans l'histoire qui ne demandent pas le même courage dans l'historien. Les Voyages, par exemple, qui tiennent à la fois de la poésie et de l'histoire7, comme celui que nous annonçons, peuvent être écrits sans péril. Et néanmoins les ruines et les tombeaux révèlent souvent des vérités qu'on n'apprendrait point ailleurs8 ; car la face des lieux ne change pas comme le visage des hommes : Non ut hominum vultus ita locorum faciès mutantur9.

1. Il s'agit de Tacite, historien de la fin du 1er siècle après J.-C, dont les Annales sont l'œuvre principale.

2. Histrion = comédien. Néron aimait à jouer de la lyre en chantant les chants du théâtre. (Annales, XIV, 14.)

3. Néron passe pour avoir fait brûler Rome. Tacite ne l'accuse pas expressément. (Annales, XV, 38.)

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