‹ Morceaux choisisChapitre 397 sur 530 · Pape de 1740 à · texte numérisé non relu

Pape de 1740 à

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LA FIN DE LA VIE POLITIQUE

de me faire attendre1; elle se lève, vient au-devant de moi, ne me permet jamais de mettre un genou en terre pour baiser le bas de sa robe au lieu de sa mule2, et me conduit par la main jusqu'au siège placé à droite de son indigent fauteuil. Assis, nous causons. (Mémoires d? Outre-Tombe, V, 22.)

[Il décrit agréablement le monde des cardinaux, des ambassadeurs ses collègues, des artistes. 11 fréquente la société romaine, dit du mal des Anglais qui envahissent Rome, et éprouve par moments de l'ennui et de la lassitude. Le pape meurt. Voilà Chateaubriand lancé dans les intrigues diplomatiques pour préparer une bonne élection. Un de ses candidats, Pie VIII, est élu. Il se repose en visitant Rome, ses musées, ses églises. Il se reprend à aimer passionnément sa Rome si triste et si belle. Il recommence les promenades qu'il y faisait vingt-cinq ans auparavant et il fait sans cesse de nouvelles découvertes :]

On n'a point vu Rome3 quand on n'a point parcouru les rues de ses faubourgs mêlées d'espaces vides, de jardins pleins de ruines, d'enclos plantés d'arbres et de vignes, de cloîtres où s'élèvent des palmiers et des cyprès, les uns ressemblant à des femmes de l'Orient, les autres à des religieuses en deuil. On voit sortir de ces débris de grandes Romaines, pauvres et belles, qui vont acheter des fruits ou puiser de l'eau aux cascades versées par les aqueducs des empereurs et des papes. Pour apercevoir les mœurs dans leur naïveté, je fais semblant de chercher un appartement à louer; je frappe à la porte d'une maison retirée; on me

1. Chateaubriand, toujours orgueilleux, signale avec complaisance les attentions et les égards du pape.

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