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Pantoufle du pape sur laquelle il y a une croix

3. Ceci est extrait d'une lettre à Mme Récamier du 14 mai 1829.

Pendant toute son ambassade, il entretint une correspondance très assidue avec Mmc Récamier dont il sera question un peu

Elus loin (cf. Cinquième période :

^Abbaye-aux-Bois). Voici une autre lettre où il lui raconte des fouilles qu'il dirige dans la campagne romaine :

J'ai mis moi-même la main à l'œuvre, j'ai découvert des fragments de marbre : les indices sont excellents, j'espère trouver quelque chose qui me dédommagera de l'argent perdu à cette

loterie des morts : j'ai déjà un bloc de marbre grec assez considérable pour faire le buste de Poussin. Cette fouille va devenir le but de mes promenades ; je vais aller m'asseoir tous les jours au milieu de ces débris. A quel siècle, à quels hommes appartenaient-ils? Nous remuons peut-être la poussière la plus illustre sans le savoir. Une inscription viendra peutêtre éclairer quelque fait historique, détruire quelque erreur, établir quelque vérité. Et puis, quand je serai parti avec mes douze paysans deminus, tout retombera dans l'oubli et le silence. . . Il y reste quelques oiseaux et moi, encore pour un temps fort court ; nous nous envolerons bientôt.. . Quand j'appelai Léonidas à Lacédémone, il ne me répondit pas : le bruit de mes pas a Torre VergcUa n'aura réveillé personne. (Mémoires, Y, 121.)

CHATEAUBRIAND

répond : Favorisca1. J'entre : je trouve, dans des chambres nues, du un ouvrier exerçant son métier, ou une zitella? fière, tricotant ses laines, un chat sur ses genoux, et me regardant errer à l'aventure sans se lever.

Quand le temps est mauvais, je me relire dans Saint- Pierre ou bien je m'égare dans les musées de ce Vatican aux onze mille chambres et aux dix-huit mille fenêtres (Juste- Lipse3). Quelles solitudes de chefs-d'œuvre! On y arrive par une galerie dans les murs de laquelle sont incrustées des épitaphes et d'anciennes inscriptions : la mort semble née à Rome4.

Il y a dans cette ville plus de tombeaux que de morts. Je m'imagine que les décédés, quand ils se sentent trop échauffés dans leur couche de marbre, se glissent dans une autre restée vide, comme on transporte un malade d'un lit dans un autre lit. On croirait entendre les squelettes passer durant la nuit de cercueil en cercueil5.

La première fois que j'ai vu Rome, c'était à la lin de juin : la saison des chaleurs augmente le délaisser6 de la cité ; l'étranger fuit, les habitants du pays se renferment chez eux7 ; on ne rencontre pendant le jour personne dans les rues. Le soleil darde ses rayons sur le Golisée8 où pendent des herbes immobiles, où rien ne remue que les lézards.

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