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Arbres à grandes fleurs blanches

3. Idée souvent exprimée par Chateaubriand. Voir au Génie du Christianisme le chapitre sur les ruines, pp. 125 et 128.

CIIA'I E AUI5RIAND

de cœur et d'esprit. Quel peuple avait habité cette île? Son nom, sa race, le temps de son existence, tout est inconnu ; il vivait peut-être lorsque le monde qui le cachait dans son sein était encore ignoré des trois autres parties de la terre. Le silence de ce peuple est peut-être contemporain du bruit que faisaient de grandes nations européennes tombées à leur tour clans le silence, et qui n'ont laissé elle-mêmes que des débris1.

Nous examinâmes les ruines : des anfractuosités sablonneuses du tumulus2 sortait une espèce de pavot à fleur rose, pesant au bout d'une tige inclinée d'un vert pâle. Les Indiens tirent de la racine de ce pavot une boisson soporifique ; la tige et la fleur ont une odeur agréable qui reste attachée à la main lorsqu'on y touche. Cette plante était faite pour orner le tombeau d'un sauvage : ses racines procurent le sommeil et le parfum de sa fleur, qui survit à cette fleur même, est une assez douce image du souvenir qu'une vie innocente laisse dans la solitude3.

[Cette description de la Floride termine .le récit du voyage. Mais Chateaubriand a joint au Voyage en Amérique deux passages très étendus. Le premier est consacré à « l'Histoire naturelle » de l'Amérique du Nord et décrit les animaux (castors, ours, cerfs, fouines, renards, oiseaux, poissons, serpents, etc.).]

Histoire naturelle : Castors.

Ces étonnantes créatures ont-elles rencontré un vallon où coule un ruisseau, elles barrent ce ruisseau par une chaussée ; l'eau monte et remplit bientôt l'intervalle qui se trouve entre les deux collines : c'est dans ce réservoir que les castors bâtissent leurs habitations. Détaillons la construction de la chaussée.

Des deux flancs opposés des collines qui forment la vallée, commence un rang de palissades entrelacées de branches et revêtues de mortier. Ce premier rang est fortifié d'un

t. Evocation grandiose des ruines humaines et de la brièveté des civilisations. C'est une idée que l'auteur a certainement prise à Bossuet ; c'est elle qui l'ait la poésie du Discours sur L'Histoire universelle. On a pu remarquer déjà l'influence de Bossuet sur Chateaubriand : en

voir plus loin d'autres preuves.

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