Amas de terres en forme de cône
3. Image assez particulière en ce sens que le parfum de la fleur est le symbole du souvenir. Il y a là autre chose qu'une simple métaphore.
LE VOYAGE EN AMÉRIQUE
second rang, placé à quinze pieds en arrière du premier. L'espace entre les deux palissades est comblé avec de la terre.
La levée1 continue de venir ainsi des deux côtés de la vallée, jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'une ouverture d'une vingtaine de pieds au centre ; mais à ce centre, l'action du courant opérant dans toute son énergie, les ingénieurs2 c) langent de matériaux : ils renforcent le milieu de leurs substructions hydrauliques 3 de troncs d'arbres entassés les uns sur les autres, et liés ensemble par un ciment semblable à celui des palissades. Souvent la digue entière a cent pieds de long, quinze de haut et douze de large à la base; diminuant d'épaisseur dans une proportion mathématique à mesure qu'elle s'élève, elle n'a plus que trois pieds de surface au plan horizontal qui la termine.
Le côté de la chaussée opposé à l'eau se retire graduellement en talus : le côté extérieur garde un parfait aplomb4.
Tout est prévu ; le castor sait par la hauteur de la levée combien il doit bâtir d'étages à sa maison future ; il sait qu'au delà d'un certain nombre de pieds il n'a plus d'inondations à craindre, parce que l'eau passerait alors par-dessus la digue. En conséquence, une chambre qui surmonte cette digue lui fournit une retraite dans les grandes crues ; quelquefois il pratique une écluse de sûreté dans la chaussée > écluse qu'il ouvre et ferme à son gré5.
La manière dont les castors abattent les arbres est très curieuse : ils les choisissent toujours au bord d'une rivière. Un nombre de travailleurs proportionné à l'importance de la besogne ronge incessamment les racines : on n'incise point l'arbre du côté de la terre, mais du côté de l'eau, pour qu'il tombe sur le courant. Un castor, placé à quelque distance, avertit les bûcherons par un sifflement quand il voit pencher la cime de l'arbre attaqué, afin qu'ils se mettent à l'abri de la chute6. Les ouvriers traînent le tronc abattu à l'aide du flottage jusqu'à leurs villes, comme les Égyptiens,
1. Mot très précis, puisqu'il s'agit en effet d'une digue en terre.