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Où les roseaux formaient des balustres

5. Terme très rare dans ce sens pour désigner les roulades du rossignol. Se reporter au chant des oiseaux, dans le Génie, p. 96.

6. Tous les détails sont amenés pour confirmer cette impression de mélancolie et de recueillement au clair de lune.

7. Le couvent de Saint-Onuphre est situé sur le versant du Janicule. Le Tasse en occupa une cellule, lorsqu'il vint à Rome pour se faire couronner au Capitole. Il y mourut (1595).

8. Il n'avait pas beaucoup de moments perdus pour visiter Rome, rêver, pratiquer des fouilles^ rédiger ses Mémoires et écrire a ses amis. Le mardi 10 février 1829, le pape Léon XII mourut.

Chateaubriand eut pour mission de surveiller de très près l'élection de son successeur et d'intriguer auprès des cardinaux.

Le conclave fut assez long:; le 31 mars, le cardinal Castiglioni fut élu pape et prit le nom de Pie VIII. On trouvera dans les Mémoires, au tome V, les dépêches diplomatiques de Chateaubriand dans ces circonstances.

Il a parlé avec beaucoup de complaisance de son rôle à cette occasion :

Je me* procure le journal secret du conclave, chose qu'aucun ambassadeur n'avait jamais pu obtenir; j'envoie jour par jour la liste nominative des scrutins. . . Si un carbonaro remue, je le sais, et je juge du plus ou moins de

CHATEAUBRIAND

| Dans un des plus beaux sites de la terre, parmi les oran-

\ gers et les chênes verts, Rome entière sous mes yeux, chaque

\ matin en me mettant à l'ouvrage, entre le lit de mort et la

\ tombe du poète, j'invoquerai le génie de la gloire et du

l malheur1. (Mémoires d* Outre-Tombe, V, 222).

[Chateaubriand, venu en congé à Paris en mai 1829, trouve le roi très mal disposé pour ses ministres. Il part pour les Pyrénées prendre les eaux de Cauterets et se reposer. Il apprend brusquement l'arrivée au pouvoir du prince de Polignac. Il donne sa démission. Et quelque temps après, ce sont les « ordonnances » et les journées de juillet.]

, Révolution de juillet.

> Les groupes s'étaient reformés le 28 plus nombreux ; au \ cri de : Vive la Charte! qui se faisait entendre se mêlait \ déjà le cri de Vive la liberté! à bas les Bourbons! On criait

aussi : Vive V empereur! vive le prince Noir! mystérieux prince des ténèbres qui apparaît à l'imagination populaire dans toutes les révolutions. Les souvenirs et les passions \ étaient descendus; on abattait et l'on brûlait les armes de \ France; on les attachait à la corde des lanternes cassées; | on arrachait les plaques fleurdelisées2 des conducteurs de diligence et des facteurs de la poste; les notaires retiraient leurs panonceaux les voituriers leurs estampilles3, les

> fournisseurs de la cour leurs écussons. Ceux qui jadis \ avaient recouvert les aigles napoléoniennes peintes à j l'huile, de lis bourboniens détrempés à la colle n'eurent j besoin que d'une éponge pour nettoyer leur loyauté4 : avec

vérité de la conspiration ; si un abbé intrigue, je le sais, et je déjoue les plans que l'on avait formés pour éloigner les cardinaux de l'ambassadeur de France . . . Voici maintenant un autre point de vue : si l'on compare mes lettres officielles aux lettres officielles de mes prédécesseurs , on s' aper cevra que, dans les miennes, les affaires générales sont traitées autant que les affaires privées ; que je suis entraîné par le caractère des idées de mon siècle dans une région plus élevée de l'esprit humain. {Mémoires, V, 209.)

1. Toujours les mêmes rêves mélancoliques, désolés, où il entre beaucoup d'orgueil et d'affectation. — Le Tasse avait eu une

existence très mouvementée et très malheureuse, avant l'apothéose des dernières années de sa vie. De là ces mots génie de la gloire et du malheur. Le Tasse a souvent servi d'exemple aux poètes romantiques pour prouver que l'homme de génie est voué au malheur. Cf. la poésie de Lamartine intitulée -.Ferrare.

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