‹ Morceaux choisisChapitre 401 sur 530 · Les plaques des voitures avec la marque royale · texte numérisé non relu

Les plaques des voitures avec la marque royale

4. Phrase cinglante et vigoureusement frappée. C'est bien le ton du satirique et du polémiste.

LA FIN DE LA VIE POLITIQUE

; un peu d'eau on efface aujourd'hui la reconnaissance et les

> empires.

j Le maréchal de Raguse1 écrivit au roi2 qu'il était urgent

> de prendre les moyens de pacification, et que demain, 29, il s serait trop tard. Un envoyé du préfet de police était venu ; demander au maréchal s'il était vrai que Paris. fût déclaré ; en état de siège : le maréchal, qui n'en savait rien, parut

> étonné; il courut chez le président du Conseil; il y trouva ! les ministres assemblés, et M. de Polignac lui remit l'or- | donnance3. Parce que l'homme qui avait foulé le monde ; aux pieds avait mis des villes et des provinces en état de \ siège, Charles X avait cru pouvoir l'imiter. Les minisî très déclarèrent au maréchal qu'ils allaient venir s'établir \ à l'état-major de la garde

[Marmont fait circuler des troupes dans Paris pour rétablir Tordre. Des barricades se dressent : ]

| Dans tous ces quartiers pauvres et populaires4, on combattit instantanément, sans arrière-pensée : l'étourderie

j française, moqueuse, insouciante, intrépide, était montée au

J cerveau de tous; la gloire ay pour notre nation, la légèreté

\ du vin de Champagne. Les femmes, aux croisées, encoura-

< geaient les hommes dans la rue ; des billets promettaient >, le bâton de maréchal au premier colonel qui passerait au \ peuple ; des groupes marchaient au son d'un violon 5. ? C'étaient des scènes tragiques et bouffonnes, des spectacles j de tréteaux et de triomphe : on entendait des éclats de rire

< et des jurements au milieu des coups de fusil, du sourd I gémissement de la foule, à travers des masses de fumée.

< Pieds nus, bonnet de police en tête, des charretiers impro- \ visés conduisaient, avec un laisser-passer de chefs inconnus, ; des convois de blessés parmi les combattants qui se sépal raient.

\ Dans les quartiers riches régnait un autre esprit. Les gar-

\ des nationaux, ayant repris les uniformes dont on les avait

1. Marin ont, maréchal de France, qui avait signé la capitulation de Paris en 1814.

Page 1