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Qu'on s'assure = qu'on ait confiance

LES ÉTUDES HISTORIQUES

dans une citation, ou s'il a mal coté l'édition? La société demeure inconnue, si l'on ignore la couleur du haut-dechausses1 du roi et le prix du marc d'argent2. Cet historien doit savoir non seulement ce qui se passe dans sa patrie, mais encore dans les contrées voisines.

[Il passe en revue les sources pour écrire l'histoire de France : les manuscrits, les chartes. Il fait l'éloge des Bénédictins. Il montre que la Révolution a anéanti beaucoup de papiers qui seraient précieux. Il fait un résumé des historiens antérieurs à 1789. Il distingue les systèmes de l'école historique moderne : ]

Voici ce qui me semble vrai dans le système de l'histoire descriptive : l'histoire n'est point un ouvrage de philosophie, c'est un tableau3; il faut joindre à la narration la représentation de l'objet, c'est-à dire qu'il faut à la fois dessiner et peindre ; il faut donner aux personnages le langage et les sentiments de leur temps, ne pas les regarder à travers nos propres opinions, principale cause de l'altération des faits4. Si, prenant pour règle ce que nous croyons de la liberté, de l'égalité, de la religion, de tous les principes politiques, nous appliquons cette règle à l'ancien ordre de choses, nous faussons la vérité, nous exigeons des hommes vivant dans cet ordre de choses ce dont ils n'avaient pas même l'idée. Rien n'était si mal que nous le pensons5 ; le prêtre, le noble, le bourgeois, le vassal avaient d'autres notions du juste et de l'injuste que les nôtres : c'était un autre monde, un monde sans doute moins rapproché des principes généraux naturels6 que le monde présent, mais qui ne manquait ni de grandeur ni de force, témoin ses actes et sa durée. Ne nous hâtons pas de prononcer trop dédaigneusement sur le passé : qui sait si la société de ce moment, qui

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