‹ Morceaux choisisChapitre 430 sur 530 · Antithèse de très mauvais goût · texte numérisé non relu

Antithèse de très mauvais goût

5. Voilà encore une de ces ètrangetés de notre moyen âge qui frappent l'imagination de l'auteur. Mais de pareils faits ne sont -ils pas de tous les temps ?

6. Le tableau ne manque pas de vigueur ni de couleur. Il faudrait en enlever certaines réflexions d'un goût et d'un style douteux.

LES ÉTUDES HISTORIQUES

résumé fait hâtivement, mais on y trouve des pages brillantes comme ce tableau du 18e siècle : ]

Tableau du 18e siècle.

landis que le peuple perdait à la fois ses mœurs et son ignorance, sourde au bruit d'une vaste monarchie qui roulait en bas1, la cour se plongeait plus que jamais dans un despotisme qu'elle n'avait plus la force d'exercer2. Au lieu d'élargir ses plans, d'élever ses pensées en progression relative à l'accroissement des lumières3, elle rétrécissait ses préjugés, ne savait ni se soumettre au mouvement des choses ni s'y opposer avec vigueur. Cette misérable politique qui fait qu'un gouvernement se resserre quand l'esprit public s'étend est remarquable en toutes révolutions4 : c'est vouloir inscrire un grand cercle dans une petite circonférence; le résultat est certain. La tolérance s'accroît, et les prêtres font juger et exécuter un jeune homme qui dans une orgie avait insulté un crucifix5; le peuple se montre incliné à la résistance, et tantôt on lui cède mal à propos, tantôt on le contraint imprudemment; l'esprit de liberté paraît et on multiplie les lettres de cachet

Les diverses classes de la société étaient également corrompues ; la cour et la ville, les gens de lettres, les économistes et les encyclopédistes, les grands seigneurs et les gentilshommes, les financiers et les bourgeois se ressemblaient, témoin les Mémoires qu'ils nous ont laissés. Mais ce serait assigner de trop petites causes à la révolution que de les chercher dans cette vie d'hommes à bonnes fortunes, dans cette vie de théâtres, d'intrigues galantes et littéraires, unie aux coups d'état sur le parlement et aux colères d'un despotisme en décrépitude

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