Elle était fille de Marie de Médicis
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pusillanimes. Bienfaisante et magnanime, elle ne voulait pas même connaître le nom de ses calomniateurs : « Si ces personnes me haïssent, disait-elle, leur haine ne durera peut-être pas toujours, et s'il leur reste quelque sentiment d'honneur, ils1 auront honte de tourmenter une femme qui prend si peu de précaution pour se défendre2. »
[Puis, voici en regard le portrait de l'adversaire, de Cromwell : ]
Mettez à part l'illégalité des mesures de Cromwell3, illégalité dont, après tout, il était peut être obligé d'user pour maintenir son illégale puissance, l'usurpation de ce grand homme fut glorieuse. Au dedans il fit régner l'ordre : comme beaucoup de despotes, il était ami de la justice en tout ce qui ne touchait pas à sa personne, et la justice sert à consoler les peuples de la perte de la liberté4. Le fanatique, le régicide Cromwell, parvenu au pouvoir, fut tolérant en religion et en politique; il fit passer le bill5 de la liberté de culte et de conscience; il employa des royalistes avoués6...
Cromwell aimait et protégeait la noblesse anglaise. Cette noblesse ne périt point, comme de nos jours la noblesse française, parce qu'elle ne sépara pas tout à- fait sa cause de la cause générale7, et qu'en même temps la révolution de 1640, entreprise en faveur de la liberté, et non de l'égalité8,
1. Ils pour elles, renvoie à personnes, par accord avec le sens. Cf. Crouzet... Gr. Fr., § 336, 2°.
2. Il est en effet établi qu'Henriette était généreuse et magnanime. Elle pécha seulement par imprudence. Chateaubriand ne cache pas ses fautes.
* Comparer le portrait d'Henriette de France dans VOraison Funèbre de Bossuet (il est, naturellement, plus idéalisé).
3. Cromwell en usait très cavalièrement avec les Parlements qui ne lui convenaient pas. Il prononçait leur dissolution.
4. Réflexion politique souvent juste. Chateaubriand mêle ordinairement des maximes à ses récits -.c'est la manière de Tacite.