‹ Morceaux choisisChapitre 475 sur 530 · Voici un passage sur la ville · texte numérisé non relu

Voici un passage sur la ville

Venise ne renferme ni décombres romains, ni monuments des barbares . . .

La tour du monastère, changée en colonne de rose, se réfléchit dans les vagues ; la façade blanche de l'église est si fortement éclairée, que je distingue les plus petits détails du ciseau. Les enclôtures des magasins de la Giudecca sont peintes d'une lumière titienne ; les gondoles du canal et du port nagent dans la même lumière. Venise est là, assise sur le rivage de la mer, comme une belle femme qui va s'éteindre avec le jour : le vent du soir soulève ses cheveux embaumés ; elle meurt saluée par toutes les grâces et tous les sourires de la nature.

3. Nérée, dieu marin. Périphrase plaisante pour désigner les gondoliers.

Page 1